SoLocal à l’aube d’une nouvelle ère
Il n’aura pas résisté à la pression que les actionnaires individuels, mais plus encore les grands institutionnels, lui ont mis. Le président de SoLocal, Robert de Metz, a annoncé hier, en pleine assemblée générale, son départ au plus tard le 5 septembre prochain. Un départ qui suit de près celui annoncé quelques jours plus tôt par le directeur général, Jean-Pierre Remy. Pour plusieurs observateurs, le duo fonctionnait bien, mais autant un Jean-Pierre Remy sans Robert de Metz était plausible, autant l’inverse était tout simplement impossible, notamment aux yeux des membres du conseil d’administration. C’est donc une nouvelle page qui se tourne puisque le directeur général et le président, tous deux membres du board, sont sur le départ alors que quatre nouveaux membres ont été élus hier.
Ainsi, Delphine Grison, responsable marketing et business intelligence chez CBRE, rejoint le board, tout comme Sophie Sursock, fondatrice du fonds Accelero Capital. Par ailleurs, David Amar, président du family office Amar, et Philippe de Verdalle directeur général de Nobel, l’activité de prise de participations cotée de Weinberg capital Partners, entrent aussi au conseil d’administration. Aujourd'hui composé de 14 membres (hors l’administrateur représentant les salariés), il reviendra donc à 12, à l'issue du départ des deux dirigeants déjà mentionné. Avec ces quatre nouvelles arrivées ainsi que celles d’octobre dernier (Jacques-Henri David, Arnaud Marion et Vincent Loussert), on peut facilement imaginer qu’une nouvelle majorité se dégagera ces prochains mois.
Quoi qu’il en soit, la nomination d’un nouveau président devrait bientôt avoir lieu. Ce poste pourrait a priori se jouer entre Jacques-Henri David, ancien président de Deutsche Bank France et président d’Acxior Corporate Finance et Arnaud Marion, ancien d’Arthur Andersen et de Rothschild et désormais manager de crise. Tous deux présentent en effet les compétences nécessaires pour prendre un poste de président d’une société en plein retournement stratégique et financier, même si aucun n'est pour l'heure candidat. Mais l’urgence, c’est de trouver un remplaçant au directeur général, qui part à la fin du mois. Même si l’intérim est assuré par Christophe Pingard, le directeur général adjoint, les membres du board espèrent trouver rapidement la perle rare, sans s’interdire d’ailleurs un recrutement en interne. Car l’entreprise, même si elle est redressée financièrement est encore assez fragile et doit continuer à progresser pour s’imposer dans le monde d’Internet.
En attendant, on connaît déjà la rémunération des futurs heureux élus. En effet, avec l’entrée en vigueur de Sapin 2, l’assemblée générale d'hier a validé les émoluments 2017 qui leur seront versés en 2018, pro rata temporis, bien sûr. Ainsi, l'enveloppe annuelle pour le président a été fixée à 90.000 euros et celle du directeur général à 500.000 euros pour le fixe. La part variable sera fonction de plusieurs critères : la différence entre Ebit et Capex (pour 50%) ; la croissance du chiffre d’affaires internet (pour 12,5%) ; le nombre de clients (pour 12,5%) et l’évolution du cours de l’action (pour 25%). Un package plutôt intéressant mais pour certains actionnaires présents hier, trop généreux pour assurer le développement futur de l’entreprise plutôt que de poursuivre un intérêt privé.
En revanche, deux résolutions ont été rejetées, les deux portant sur la distribution gratuite d’actions. La résolution présentée par le board proposait une distribution d’actions de performance aux seuls cadres du groupe, alors que les actionnaires proposaient une distribution à l’ensemble des salariés. C’est certes un bon moyen de motivation pour les collaborateurs, mais cela tombait peut-être un peu trop tôt après les efforts demandés dernièrement aux actionnaires pour participer à la baisse de la dette globale. Dont acte. Mais le conseil d’administration a demandé au comité des rémunérations et des nominations de faire, le plus rapidement possible, de nouvelles propositions d’instruments d’intéressement à long terme.
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