Après le départ de Margerie, Soitec répond
Le départ immédiat hier de Victoire de Margerie de la présidence de Soitec a surpris, la dirigeante ayant été seulement nommée en juillet dernier. Mais aussi parce qu'aucune explication n'a été véritablement donnée à ce départ et que le nom du remplaçant de la dirigeante n'était alors toujours pas connu. Le fabricant de matériaux semi-conducteurs a finalement annoncé quelques heures après que Thierry Sommelet, représentant de Bpifrance au conseil depuis 2015, prendrait la présidence du groupe à titre transitoire, soit jusqu'à l'assemblée générale 2018. L'homme est également directeur, membre du comité de direction et responsable technologie, média et télécom de Mid & Large Cap de Bpifrance, actionnaire à hauteur de 11,5% de Soitec.
En outre, le conseil d'administration a décidé d'élire Douglas Dunn administrateur référent. Ce dernier dispose d'une expérience professionnelle d'une cinquantaine d'années dans l'industrie électronique, dont quarante-trois passées dans le secteur des semi-conducteurs. Il est administrateur de Soitec depuis plus de 13 années. Le board a aussi a pris acte de la démission de Xi Wang, président de National Silicon Industry Group (NSIG), de ses fonctions d'administrateur et a coopté Nabeel Gareeb pour prendre sa suite. Nabeel Gareeb est l'ex-CEO et l'ex-COO de sociétés cotées telles que MEMC Electronic Materials Inc. et International Rectifier. En juillet dernier, il a rejoint le bureau de direction de NSIG, l'un des actionnaires stratégiques de Soitec, afin d'établir un écosystème des matériaux pour soutenir la croissance de l'industrie des semi-conducteurs en Chine, précise le communiqué.
A l'occasion de la présentation des résultats du groupe, toujours hier, le directeur général et ex-PDG de Soitec s'est exprimé sur le départ de Victoire de Margerie. "Je suis persuadé que vous avez plein de questions en tête. Laissez-moi être direct", a déclaré Paul Boudre, selon des propos relayés par Boursier.com. "Madame de Margerie a démissionné. C'est sa décision et il n'y a rien de caché derrière. Pas de désaccord sur la stratégie, pas de mauvaise conduite, pas d'arguments personnels. Le dirigeant a estimé que ces bouleversements et c'est le plus important", n'ont pas d'impact sur l'organisation opérationnelle.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

