Sébastien Proto, banquier, œuvre pour la France en toute discrétion
Trois élections présidentielles auxquelles Nicolas Sarkozy se présente, autant de programmes économiques et derrière tout ça plusieurs âmes, dont celle de Sébastien Proto. Cet associé-gérant de chez Rothschild, spécialiste des fusions et acquisitions, connaît en effet bien le politique puisqu’il a œuvré dans les cabinets ministériels sous l’ancien Président de la République. Celui qui trouve depuis 2013 son bonheur dans la banque privée et dont le métier est de conseiller les entreprises, ne veut surtout pas que l’on oppose sa nouvelle vie à celle qu’il a pu connaître par le passé.
D’ailleurs, avant même de choisir Rothschild, l’homme, qui confie ne pas être à l’aise à l’idée de parler de lui, s’est toujours intéressé à l’aspect privé comme public. Il a ainsi fait Sciences Po Paris, avant de rejoindre l’Essec, puis l’ENA. Il est issu de l’une des promotions les plus riches en jeunes talents (Léopold Sédar Senghor, 2004). Il est ainsi sorti en deuxième de cette école derrière Marguerite Bérard (BPCE) et y a également côtoyé des personnalités comme Mathias Vicherat (cabinet d’Anne Hidalgo).
Après trois années passées à l’inspection des Finances, Sébastien Proto intègre en 2007 le cabinet d’Eric Worth, à l’époque ministre du Budget. Puis, trois ans plus tard, il rejoint Rothschild. En 2011, il est appelé par le Président Nicolas Sarkozy pour diriger le cabinet de Valérie Pécresse, alors ministre du Budget. De ses années passées au service de l’Etat, Sébastien Proto garde de très bons souvenirs, comme d’avoir mené à bien avec ses différentes équipes la réforme des retraites ou encore la fusion des impôts et du Trésor public. Il est également reconnaissant d’avoir pu rencontrer des personnalités marquantes comme Michel Pébereau (ex-BNP Paribas), avec qui il a planché sur un rapport sur la dette publique de la France, ou Maurice Lévy (Publicis), qui s’est penché avec lui sur le patrimoine immatériel de la France.
L’économie française en fil conducteur
Sébastien Proto continue d’ailleurs à voir beaucoup le PDG du groupe de communication, notamment parce que Rothschild a accompagné Publicis dans des opérations financières. Mais l’homme n’aime pas seulement travailler aux côtés de grandes entreprises. Ce qu’il affectionne dans sa nouvelle maison, c’est sa capacité à être aux côtés de toutes les sociétés, avec un prisme international. Parmi les moments qui lui ont apporté de la fierté, Sébastien Proto cite l’IPO l’an dernier de Showroomprive. En outre, notre interlocuteur se reconnaît dans les valeurs de la banque familiale, comme l’approche long terme que la firme entretient avec ses clients, sa discrétion mais aussi son écoute. Sébastien Proto est également plein d’admiration pour David de Rothschild. « Il est très présent dans le fonctionnement de Rothschild. Il a un sens du management et des affaires hors du commun ainsi qu’une capacité d’empathie inégalée », explique l’associé-gérant.
Qu’en est-il aujourd’hui de la vie publique de celui que l’on qualifie de «Macron de Sarkozy » ? Sébastien Proto, qui est maintenant âgé de 38 ans et marié à la fondatrice de la marque Petite Mendigote (Sybille Roger-Vasselin), ne vise pas de mandat électoral bien qu’il ait été très marqué par son parcours dans le public. « Je ne veux pas faire de la politique active. J’aime la France profondément. Je suis très heureux de contribuer à la réflexion sur l’avenir, mais la comparaison s’arrête là », explique l’intéressé. Lequel précise néanmoins apprécier le fondateur du mouvement « En Marche! ». « Le temps en cabinet, c’est le temps de l’urgence permanente. Il faut faire des choses qui porteront à moyen et long terme dans l’immédiateté », raconte-t-il encore. Et de conclure : « Dans les affaires, vous aidez des entreprises à trouver des solutions, à se développer. L’un n’est pas plus intéressant que l’autre. On peut se sentir utile dans les deux domaines, y mettre la même énergie et trouver le même plaisir ».
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