Karien van Gennip (ING Bank France): banquière engagée
Pour refléter totalement la personnalité de Karien van Gennip, un portrait devrait effacer le parcours de la CEO d’ING Bank France pour le remplacer par ses différents combats. La patronne de l’établissement depuis plus d’un an est en effet une femme de conviction, engagée, qui, à 45 ans aujourd’hui, a eu de multiples carrières. Passée de la fonction de consultant, à la politique, avant de rejoindre le monde bancaire, cette dernière a toujours voulu être « actrice du changement ». Or, pour elle, être cheffe d’entreprise est l’un des meilleurs moyens d’incarner les mutations de l’intérieur ; et la banque est encore aujourd’hui un incontournable pour la vie de tous les jours et le tissu économique.
Une Européenne convaincue
Cette Néerlandaise titulaire d’un diplôme de physique de la Delft University of Technology (1987-1993) est ravie de travailler aujourd’hui en France. Karien van Gennip loue les grandes entreprises de l’Hexagone, l’intégration du pays dans le Vieux Continent ou encore l’éducation et la jeunesse de sa population. «Il y a beaucoup de Français qui voient l’herbe plus verte chez les autres. Moi, je me vois un peu comme une ambassadrice de la France », rapporte la banquière qui connaissait déjà notre territoire grâce à ses études à l’Insead (1995).
Plus globalement, Karien van Gennip est une européenne convaincue. « Il ne s’agit pas de savoir si l’on croit en l’Europe, mais de se demander si l’on croit en notre futur », insiste la dirigeante, qui passe du français à l’anglais quand elle veut marteler avec précision son discours. Et d’ajouter : « On doit innover, retrouver notre propre sens. On doit transformer l’économie et les relations de travail ». Car si dans les années 50-60 l’Europe s’est reconstruite, a connu une période de stabilité, de progression, « nous sommes maintenant à la croisée des chemins », constate la CEO.
Un maître mot : innovation
Notre continent n’est pas le seul à devoir se réinventer et le changement peut arriver via l’entreprise et via l’innovation. C’est pourquoi Karien van Gennip s’est appliquée chez ING à transmettre ses ambitions. « Nous sommes une Fintech de 20 ans », explique celle qui considère que si les banques ne s’adaptent pas elles se feront manger par des acteurs innovants, comme les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon). C’est pourquoi, sa firme a notamment lancé en février « Coach Epargne » une application destinée à orienter ses clients vers les meilleurs choix de placement. L’idée étant de donner aux citoyens les moyens de décider eux-mêmes de leur avenir financier.
En outre, Karien van Gennip prône une manière de travailler moderne au quotidien, avec une transparence accrue et un développement du télétravail. C’est ainsi qu’elle s’astreint à travailler de chez elle une fois par semaine et que son bureau, aux parois invisibles, s’intègre au milieu de ceux de ses collaborateurs. Cette mère de quatre enfants, qui éteint son téléphone quand elle est avec eux le week-end, tient à ce que tout le monde trouve le bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Avant la banque, Karien van Gennip a fait de la politique. Elle a été ministre du Commerce extérieur, à une époque où il était nécessaire que le lien entre les entreprises et le politique soit fait aux Pays-Bas. La patronne a également été à la tête de l’Autorité des marchés financiers de son pays (2002-2003). Dans une autre vie, Karien van Gennip a aussi été consultante pour McKinsey (1996-2002), pour qui elle a notamment officié à San Francisco et où elle s’est penchée sur les grandes problématiques des entreprises. Si cette expérience a été très riche, l’intéressée souligne que l’« on peut donner beaucoup de conseils, mais à la fin, c’est le manager qui décide ».
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