71% des français satisfaits de leur équilibre travail-vie privée
Râleurs, les français ? Ce n’est pas ce qui ressort de l’étude réalisée par Emolument, site qui compile des données anonymes sur les rémunérations. Il a interrogé 1360 professionnels de tous horizons et métiers sur ce qu'ils pensaient de leur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Et ce sont bien les Français qui arrivent en tête du classement, avec 73% de personnes satisfaites de leur gestion de l’emploi du temps. Les cinq semaines de vacances annuelles et les 35 heures peuvent expliquer ce résultat, bien que nombre de salariés aient abandonné la semaine de 35 heures et qu’il soit encore difficile de quitter le bureau avant 19h30, analyse Emolument. La Suisse (67% de satisfaits), les Etats-Unis (63%) et la Grande-Bretagne (62%) suivent ce classement, tandis que de l’autre côté du spectre, on retrouve des pays d’expatriés comme Singapour (83% jugent cet équilibre travail-vie privée « horrible » !), Hong Kong (81%) et les Emirats Arabes Unis (77%). Ces destinations offrent des rémunérations très attractives, mais signifient aussi une grande implication professionnelle. Enfin, les espagnols, qui s’accordent 2h de pause à l’heure du déjeuner, finissent leurs journées plus tard, autour de 20h, ce qui leur donne une vision moins optimiste de leur qualité de vie privée.
Les modèles traditionnels persistent et c’est la raison pour laquelle 42% de femmes n’apprécient pas positivement leur équilibre vie privée-professionnelle. Elles doivent davantage jongler avec différentes responsabilités, notamment avec les enfants, tout en assumant plus de logistique privée, ce qui explique qu’elles ont plus de mal à mener tout cela de front en étant épanouies.
Les ingénieurs informatiques sont les plus satisfaits de leur emploi du temps (81%) car comme ils sont très demandés, ils peuvent négocier plus de vacances (parfois même illimitées !), travailler à distance et comme ils ne sont pas face à des clients, ils n’ont pas besoin de faire acte de présence au bureau. Les ingénieurs (80%) et le marketing (75%) se positionnent ensuite, tandis que le quotidien est vécu péniblement par les consultants (87%), qui doivent répondre à toute heure aux demandes de leurs clients, mais aussi les ressources humaines (87%), un métier qui peut se révéler lourd au plan humain.
Emolument s’est ensuite attaché à affiner les réponses des métiers financiers. Les gérants de fonds figurent en premier (82% de satisfaits) car ils sont «clients des métiers sell-side (traders, vendeurs, analystes recherche des banques), si bien qu’ils peuvent dicter leur emploi du temps sans avoir à être présent avant leurs clients ou l’ouverture des marchés ». Ils sont également plus flexibles sur le rythme de travail que des acteurs du sell-side. Les employés du middle et back office sont beaucoup plus mitigés (42% jugent horrible leur qualité de vie privée-professionnelle) car s’ils gagnent beaucoup moins que leurs collègues du front office, ils doivent délivrer leur travail aux traders et vendeurs en des temps très serrés. « Ils reçoivent plus de reproches que de félicitations de la part du front office alors qu’ils alignent les heures de travail et intègrent les transactions bien après que les traders soient partis du bureau », selon Emolument. Enfin et sans surprise, les conseils M&A pâtissent de très grosses amplitudes horaires dans leur équilibre de vie (89% d’insatisfaits), mais ont l’avantage d’être les professionnels les mieux payés de la finance.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

