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Etats-Unis : Goldman Sachs, vivier de secrétaires au Trésor

Donald Trump a nommé Steven Mnuchin, ancien dirigeant de la banque américaine, selon plusieurs médias. Deux anciens de l'établissement, plus gradés néanmoins, ont déjà été en charge de l’économie américaine.
Steven Mnuchin
Steven Mnuchin

Au cours de la campagne présidentielle, Donald Trump n’a pas hésité à critiquer son ancienne rivale, Hillary Clinton, l’estimant « possédée par Wall Street ». Ce qui ne l’empêche néanmoins pas aujourd’hui de s’entourer de figures financières et de milliardaires. Ainsi, le futur président américain a nommé ce mercredi Steven Mnuchin, un ancien partner de Goldman Sachs, au poste de secrétaire au Trésor. L’ex-banquier connaît très bien Donald Trump et fait partie de ceux qui se sont montrés loyaux durant la campagne du Républicain puisqu’il s’est occupé de son financement. L’homme n’a néanmoins pas d’expérience en politique. Cette nomination reflète toute l’ambiguïté du discours de Donald Trump à l’égard de la finance.

Steven Mnuchin est lui-même le fils d’un associé de Goldman Sachs. Il a rejoint la firme américaine à sa sortie de Yale et y a œuvré pendant 17 ans avant de se lancer dans la gestion en 2002. Il fondera son propre fonds, Dune Capital, dont le nom fait référence aux dunes de sable que l’on aperçoit de sa maison située dans la région des milliardaires, les Hamptons. Steven Mnuchin est reconnu, mais aussi critiqué, par ses pairs pour son grand dossier : IndyMac Bank. Associé à d’autres investisseurs, dont George Soros, il rachète cette caisse d’épargne spécialisée dans les prêts hypothécaires à risques, vacillante à la suite de la crise des subprimes. L’établissement, rebaptisé OneWest, est revendu en 2014 pour 3,4 milliards de dollars à CIT Group, ce qui correspond à une plus-value de 100% en cinq ans. Il est notamment reproché à la société d’avoir multiplié les saisies.

Puis Steven Mnuchin se lance dans la production de films, tels que Batman vs Superman : Dawn Justice ; Mad Max : Fury Road ou encore American Sniper. L’homme a notamment fait aussi des affaires avec Donald Trump, lequel l’a d’ailleurs attaqué en justice car Dune Capital avait refusé de prolonger la durée d’un prêt accordé au futur président. Dans le cadre de son nouveau poste, il devra notamment mettre en musique les baisses d’impôts promises par Donald Trump mais aussi lancer le programme d’investissements dans les infrastructures.

Visiblement, Donald Trump entendait bien nommer à ce poste un ponte de Wall Street puisqu’il aurait approché également le directeur général de JP Morgan Chase, Jamie Dimon. D’après le magazine Fortune, ce dernier -qui avait affiché sa préférence pour Hillary Clinton- aurait néanmoins décliné l’offre. Un autre nom circulait également, celui du représentant républicain Jeb Hensarling, président de la commission des Finances de la Chambre des représentants. En outre, Donald Trump pourrait aussi désigner dès mercredi le milliardaire Wilbur Ross, surnommé le « roi de la faillite », au poste de secrétaire au Commerce. Ces potentiels noms devront néanmoins être validés par le Sénat.

Ce rapprochement avec Wall Street pousse la Bourse américaine vers des plus hauts, notamment tirée par les bancaires. Le centre financier américain a en effet de quoi être soulagé sur certains points, puisque le futur président libéral entend déréguler le secteur bancaire. « Il faut se débarrasser de Dodd-Frank. Les banques ne prêtent plus d'argent à ceux qui en ont besoin. A moi, elles m'en prêtent, je n'en ai pas besoin. (…) Ce sont les régulateurs qui dirigent les banques », a-t-il expliqué il y a un an. Son rapport avec la sphère financière reste néanmoins très ambigu dans son discours puisque Donald Trump n’a pas non plus hésité à indiquer, à l’inverse, qu’il allait taxer Wall Street. 

A noter que ce n'est pas la première fois qu'un ponte de Goldman Sachs serait mis à l'honneur au Trésor. Ainsi, de 1995 à 1999 Robert Rubin a-t-il servi sous Bill Clinton. En 1999, il rejoint Citi, dont sa responsabilité a été reprochée dans la quasi faillite du mastodonte. L'homme était mieux placé au sein de Goldman Sachs que Steven Mnuchin puisqu'il en a été le co-président. Autre personnalité de l'établissement à avoir travaillé pour l'économie américaine : Hank Paulson, qui fut en poste trois ans après avoir été CEO de Goldman Sachs entre 1998 et 2006. Ce dernier s'est distingué pour son plan de sauvetage de l'économie américaine en pleine crise des subprimes. Plan qui a consisté à racheter aux établissements financiers les actifs toxiques qu'ils avaient accumulés et qui étaient devenus illiquides.

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