Emploi dans la banque : où en est-on ?
En 2017, les banques ont enregistré une baisse de 1,2% de leurs effectifs. Selon le rapport annuel de l’Association française des banques (AFB), publié aujourd’hui, on constate une augmentation effective du nombre d’embauches de 2,7%, soit 42.200 nouveaux salariés. Mais cette observation ne tient pas compte du fort turn-over qui a concerné 45.700 départs la même année. A noter que les démissions représentent la principale cause de départ des salariés en CDI, soit 36% des effectifs concernés.
Dans le détail, la proportion d’embauche de cadres - ayant un diplôme bac + 3 et plus - est la plus importante, monopolisant les trois quarts du nombre total d’embauches. Dans le même temps, la préférence pour l’excellence coûte cher pour les travailleurs les moins qualifiés voire peu qualifiés soumis au processus draconien de sélection. En effet, les postes privilégiés renvoient à des profils spécifiques, tournés de plus en plus vers les travailleurs âgés entre 30 et 44 ans, qui sont davantage spécialisés dans des activités de conseil.
Cependant, pour les plus optimistes, le secteur bancaire reste porteur pour l’économie nationale. Selon Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF (Fédération bancaire française) et de l’AFB : “L’industrie bancaire confirme qu’au-delà de son implication majeure dans le financement de l’économie, elle joue pleinement son rôle en matière d’emploi”. En effet, le secteur de la banque est synonyme de pérennisation salariale (98% de CDI). En plus d’un dispositif de rattrapage salarial qui est implémenté au sein des banques, on constate un rééquilibrage de la parité hommes-femmes, au regard d’une part croissante des femmes dans les effectifs globaux (57,1%). En outre, les efforts en matière de formation, qui concernent 4,4% de la masse salariale des banques, soit deux fois plus que la moyenne française, participent à accroître la mobilité professionnelle des salariés, dont 8,6% ont été promus en 2017.
Le réseau bancaire français profite de sa capillarité pour juguler les échanges avec ses clients. Les nouveaux enjeux technologiques forcent les banques à s’adapter aux nouvelles demandes. C’est pour cette raison que l’AFB, qui nourrit un intérêt grandissant pour le développement du numérique, souhaite développer une intelligence artificielle pour accélérer sa transition technologique et attirer de nouveaux clients sur le sol français, surtout après l’épisode post-Brexit qui s’annonce opportun pour le marché tricolore.
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