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Alexandre de Rothschild, dans la vague de rajeunissement des patrons

Rothschild & Co a annoncé la nomination d’Alexandre de Rothschild en remplacement de David. Le futur patron de la banque fait partie de la nouvelle génération de dirigeants, aux côtés d'Alexandre Bompard, Thomas Buberl ou encore Arthur Sadoun. Bien que leurs défis et leurs domaines d'activités diffèrent, ils ont souvent des enjeux communs.
Rothschild & co
Rothschild & co

Il n'y a pas que la présidence de la République qui ait rajeuni. Ces derniers mois en France, plusieurs passations de pouvoir ont eu lieu au niveau corporate, que ce soit dans des entreprises familiales ou des groupes cotés sans actionnariat historique de ce type. Ces évolutions d'hommes - et parfois de femmes - ont conduit à un changement de générations assez net. Si jusque-là beaucoup de sièges revenaient à des personnalités qui avaient en général dépassé les 55 ans, une partie des leaders nommés récemment sont dans la dizaine du dessous. Bien que chaque société ait évidemment sa propre histoire ainsi qu'un plan de succession qui ne répond pas toujours aux mêmes critères que ses voisins, on voit bien avec Alexandre Bompard, 45 ans, Isabelle Kocher, 51 ans, Thomas Buberl, 45 ans, Gonzalve Bich, 39 ans, Matthieu Pigasse, 49 ans, ou encore Arthur Sadoun, 46 ans, que le rajeunissement est clair.

Dernière société en date à changer de tête : Rothschild & Co, qui a fait une annonce aujourd'hui. A l'issue de l'assemblée générale annuelle du 17 mai, et conformément au projet de succession, Alexandre de Rothschild, 37 ans, sera nommé président exécutif de Rothschild & Co Gestion et gérant de Rothschild & Co. Tandis que son père, David de Rothschild rejoindra le conseil de surveillance de la firme, en vue d'en prendre la présidence. "Ce passage de témoin a été longuement préparé. Alexandre, après 15 ans d’expérience, a démontré ses capacités tant dans les relations humaines que dans la compréhension de tous nos métiers", a réagi David de Rothschild, âgé pour sa part de 75 printemps. Son fils a rejoint le groupe Rothschild & Co en 2008 pour créer notamment le métier de capital-investissement et dette privée. Aujourd'hui, il en est le co-responsable et est en charge des investissements pour compte propre. Auparavant, Alexandre de Rothschild a travaillé chez Bank of America à Londres et Bear Stearns à New York.

Tout comme beaucoup de firmes, Rothschild va devoir répondre à plusieurs défis, dont celui qui consiste à prendre le virage du digital. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si c'est Alexandre de Rothschild qui a expliqué en février dernier le projet tech de la banque d'affaires. L'établissement a en effet annoncé la constitution d'une équipe d'une cinquantaine de banquiers spécialisés sur le volet technologique, et basés en Angleterre, aux Etats-Unis et en France. L'idée étant de permettre "à des grands groupes aussi bien qu’à des start-up de bénéficier de solutions indépendantes et créatives en fusions et acquisitions, introductions en Bourse et levées des fonds", avait alors indiqué Alexandre de Rothschild.

Autre homme qui doit saisir les opportunités du numérique : Arthur Sadoun. Le 24 mai prochain, le successeur de Maurice Lévy (76 ans) depuis juin 2017 lancera, une plateforme disruptive - dénommée "Marcel - afin d'améliorer la connexion et la collaboration des équipes et des clients. Même combat pour Alexandre Bompard, patron de Carrefour. Ce dernier a pris la suite de Georges Plassat (69 ans) l'été dernier. Le profil diffère de celui d'Arthur Sadoun, puisque M. Bompard est arrivé de chez Fnac-Darty pour prendre la tête du distributeur alors que le patron de Publicis oeuvrait dans le groupe depuis 2006. Pour autant, il est jeune. Il va d'ailleurs devoir également donner plus d'agilité à Carrefour, en en simplifiant l'organisation.

D'ailleurs question organisation, Thomas Buberl, dauphin d'Henri de Castries (63 ans) depuis septembre 2016, a déjà mis en place des changements. En novembre de l'an passé, il a indiqué que l'assureur opérerait désormais à travers cinq zones géographiques (France, Europe, Etats-Unis, Asie et International) et un unique corporate center simplifié (par rapport aux trois niveaux en place jusque-là : siège, lignes de métier et régions). "Je suis convaincu que donner plus de pouvoir aux entités opérationnelles est essentiel au succès à long terme d'AXA car cela permettra de mener notre transformation au plus près des clients. Pour y parvenir, la simplification de notre organisation est un prérequis absolu et le point de départ d'un effort majeur pour rendre AXA plus simple pour l'ensemble de ses parties prenantes", avait argué Thomas Buberl. 

Si les tenants et aboutissants qui ont mené à choisir chaque dirigeant, ainsi que leur feuille de route ne se recoupent pas toujours, les nouveaux patrons ont en commun de devoir intégrer les nouvelles technologies et souvent une dose d'agilité supplémentaire. Pour ce faire, ils ont du temps devant eux et une légitimité que leur jeunesse ne vient pas rogner. 

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