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Julien Aucomte : avocat et ambassadeur d'August & Debouzy

Associé au sein du département corporate du cabinet de l'avenue de Messine, Julien Aucomte travaille sur de beaux dossiers de la Place de Paris. Il est notamment l'un des conseils d'Orange, qu'il a aidé dans son rapprochement avorté avec Bouygues Telecom.
Julien Aucomte - August Debouzy
Julien Aucomte - August Debouzy

Julien Aucomte n’a pas toujours voulu être avocat. Plus jeune, l’associé corporate d’August & Debouzy aspirait au journalisme. Il se serait bien vu écrire pour les Inrockuptibles, où il aurait alors été au plus près de ses artistes préférés tels que David Bowie ou Iggy Pop. C’est l’histoire de « comment la contre-culture a pu m’amener au métier le plus mainstream de la planète », résume avec humour l’expert de 42 ans. Néanmoins, ce métier d’avocat d’affaires, auquel s’est greffée depuis 2012 -date à laquelle il est passé associé- une casquette de manager, Julien Aucomte l’adore. Il loue notamment l’énergie et l’effervescence qui entourent les opérations, surtout industrielles, sur lesquelles il travaille.

Et des opérations, il en a connues que ce soit en fusions et acquisitions ou en private equity. Récemment, il a œuvré sur le deal Colliers International ou encore sur la Maison Bleue. En ce qui concerne ce dernier dossier il s’agit du numéro trois français des crèches privées qui a ouvert son capital à deux nouveaux investisseurs, Towerbrook et Bpifrance. L’avocat a également planché sur la vente de Dailymotion à Vivendi pour 280 millions d’euros et a conseillé Keolis (SNCF) dans sa prise de participation dans Le Cab, leader français du VTC. Julien Aucomte explique apprécier ce genre de cas ou d’entreprises qui « sont en adéquation avec les évolutions de la société », comme l’ubération par exemple.

De très beaux dossiers

Si August & Debouzy est très bien placé sur les opérations de taille « modeste », le cabinet ne s’interdit pas d’être sur des deals plus importants. Conseil d’Orange, surtout sur les questions ayant trait à l’Hexagone, la firme a accompagné l’opérateur sur la mise en place du cloud computing avec bpifrance, ou sur le rachat des parts d’AXA PE dans Skyrock. A cette époque, l’épisode avait fait des étincelles et poussé le patron de la radio, Pierre Bellanger, à s’enfermer dans son bureau. C’est Jean-Michel Darrois qui avait alors été désigné pour mettre tout le monde autour de la table en vue d’un accord rapide.

Julien Aucomte s’est également penché sur de très beaux dossiers, comme le rapprochement –finalement avorté- d’Orange avec Bouygues Telecom. Un travail « intense et passionnant » avec une trentaine d’avocats. Mais les vents contraires étaient trop nombreux pour que l’opération aboutisse :Bouygues n’était pas ouvert à négocier le prix (un peu haut), l’Etat regardait ce qui se passait. « Il aurait également été nécessaire de couper en trois Bouygues Telecom car le numéro un du secteur aurait racheté le numéro 3. Ce qui impliquait des discussions avec Bouygues, mais aussi Free et SFR. Or malgré toute leur bonne volonté, tous ces hommes d’affaires et négociateurs hors pair n’ont pas pu surmonter les difficultés du dossier ».

Pour Julien Aucomte si les clients sont au rendez-vous, c’est que le cabinet a développé des expertises dans chaque domaine et peut les accompagner au mieux. Il aime également le mélange des cultures, des profils et le respect des individualités qui règne au sein d’August et Debouzy. Une vision des choses agile et moderne qui permet à la boutique d’attirer des talents, que ce soit d’expérience ou de jeunes gens brillants, dans un marché pourtant très concurrentiel.

Des débuts dans le Sud

Comment Julien Aucomte en est-il arrivé à rejoindre l’avenue de Messine ? Originaire du Sud, il a fait ses études de droit à l’Université d’Aix-en-Provence. Titulaire d’un master en droit de la propriété intellectuelle et en droit des affaires, il a fait l’Ecole de formation du barreau à Paris, afin de suivre sa fiancée partie à la capitale. Fiancée qu’il a depuis épousée et qui lui a donné deux petites filles.

C’est son passage au cabinet Ginestié qui a été « une forme de révélation ». Julien Aucomte y a découvert le monde de la cession et du rachat d’entreprises dans lequel il s’est « jeté à corps perdu ». Il a ensuite oeuvré pour Jean Veil, «une magnifique école où l’on travaille très dur ». C’est là qu’il a pu toucher à un très beau deal : le LBO d’Eurazeo sur Fraikin pour environ 800 millions d'euros. Mais le cabinet a explosé à cette période là, avant de se reconstruire. «Ces gens brillants ont décidé de se séparer, comme s’ils se sentaient dans un espace trop restreint », estime-t-il.

Puis, après une expérience chez Paul Stein, il se fait chasser et intègre en 2007 August & Debouzy, à l’heure où le marché du private equity battait encore son plein. Il rencontre Gilles August, « un personnage hors du commun, qui a une capacité d’entrain remarquable et une énergie exceptionnelle ». D’ailleurs, alors que la crise repart de plus belle en 2012, le fondateur tient sa promesse et Julien Aucomte devient associé. « Il m’a dit, on ne sait pas trop où l’on va mais tu passes associé. C’est quelque chose qui m’a beaucoup touché », explique l’avocat. Et c’est ce type d’attitude, qui n’est pas toujours répandu sur la Place de Paris, qui pousse Julien Aucomte à autant s’investir pour sa firme.

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