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154 économistes allemands contre les propositions de Macron pour l'UE
Dans un appel publié mardi dans les colonnes de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, 154 économistes allemands l'affirment : « L'Euro ne doit pas conduire à une union de la responsabilité ». Ils s'inquiètent des dérives de l'union monétaire et bancaire et des dangers potentiels qu'elles pourraient - selon eux - représenter, si les idées d'Emmanuel Macron étaient appliquées. « Les propositions du Président français Macron et du chef de la Commission européenne Juncker, évoquées dans les accords de coalition à Berlin, impliquent de gros risques pour les citoyens européens », souligne la tribune, qui réagit aux déclarations d'Emmanuel Macron en mars dernier. Ils craignent en effet, notamment via le MES (mécanisme européen de stabilité), qui deviendrait un fonds monétaire européen regroupant plus largement que la zone euro, de voir les Allemands payer pour les autres. Une sorte d' « union de la dette ». Par ailleurs, l'évolution du MES, en soutenant les banques, affaiblirait également leur détermination à lutter contre les créances douteuses.
Les économistes critiquent, dans la même veine, le budget dédié de la zone euro et la création d'un poste de ministre des Finances de l'UE. Les auteurs craignent de voir une trop grande politisation de la politique monétaire de la BCE. Parmi les signataires, on compte Jürgen Stark, ancien membre du directoire de la BCE, ou encore Hans-Werner Sinn, ancien chef de l'Institut IFO.
Mais pas d'unanimité contre le Président français outre-Rhin : l'appel des économistes « divise la coalition et la recherche », prévient la FAZ, dans un autre article. « Le soutien vient de l'Union (CDU et CSU, ndlr), les critiques du SPD », précise le quotidien. « Nous voulons plus d'Europe mais pas au prix de la dilution et du déplacement des responsabilités », a estimé Eckhardt Rehberg, porte-parole de l'Union. A l'inverse, Achim Post, du SPD, a déclaré : « Dans une période aussi importante pour l'avenir de l'Europe, je souhaiterais davantage des appels qui dessinent des perspectives pour l'Europe au lieu de se contenter de lister des doutes et des préoccupations de toutes sortes ».
Chez les économistes aussi, pas de soutien unanime. Marcel Fratzscher, président de l'Institut allemand pour la recherche économique (DIW), estime que « si ces opinions prévalent, cela mettra fin à l'euro et conduira à une profonde dépression ». Clemens Fuest, actuel président de l'Institut Ifo, a pour sa part déclaré : « Il est clair que personne ne veut d'une union de la dette - mais ce qui me manque dans l'appel, c'est un plan convaincant sur comment on peut empêcher l'élargissement de l'union de solidarité et comment on peut convaincre les autres Etats membres pour ces réformes ».
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