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Feuilleton de l'été

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Hubert Preschez, Société Générale : le maître des négociations serrées

Hubert Preschez
Hubert Preschez

Dans la vie privée, il aime autant Tannhäuser que la Traviata. Dans sa vie professionnelle, il est tout aussi dual, son naturel « bien élevé » cédant parfois le pas à un « franc parler » à l’anglo-saxonne. Il faut dire qu’Hubert Preschez, 43 ans, a très tôt dans sa carrière passé de longues années à Londres chez JP Morgan, où il a beaucoup appris du métier de banquier d’affaires. S’il en garde le souvenir d’avoir été au fond de la mine, travaillant plus de 18 heures par jour dans un contexte d’une rare effervescence, il reconnaît que cette expérience lui a permis de côtoyer les meilleurs professionnels du moment et de travailler dans un groupe à très forte culture.

Après JP Morgan, il décide de suivre en 2010 l’un de ses mentors, Thierry d’Argent, chez SG CIB où il gèrera les équipes de structuration d’opérations avant de devenir Managing Director et Head of Corporate Finance France.

Cet ancien du lycée Hoche de Versailles et des bancs de la rue Saint-Guillaume à Paris (où il enseigne depuis 10 ans en tant que maître de conférence) est aujourd’hui sur tous les grands deals du moment : il est conseil d’Holcim dans son offre sur Lafarge, de Sopra dans sa fusion sur Steria, de PSA dans la restructuration de son capital ou d’Ardian dans le projet d’OPA sur le Club Med, pour ne citer que les plus récents.

Accrocheur, il aime plus que tout négocier au plus serré en se servant de ses connaissances juridiques. Affectif, il noue presque toujours des relations de longue durée avec ses clients. Analytique, il a systématiquement une approche globale et macro-économique avant de se lancer dans un projet. « Avant d’élaborer quoi que ce soit, il faut savoir précisément ce que vaut l’actif », lance-t-il. De même est-il indispensable, à ses yeux, de préparer les dossiers de façon collégiale, avec au minimum quatre à cinq personnes, « façon commando ». Avoir de bonnes idées tout seul dans son bureau ne sert à rien.

Pour lui, le plus dur dans ce métier est de ne pas se tromper de cible. D’où l’importance d’être en permanence sur le terrain, proche du client afin de mieux appréhender ce dont il a vraiment besoin. Marié et père de trois enfants, Hubert Preschez est un peu comme Churchill : il n’aime pas le sport. Et préfère….lire (il est sans doute le meilleur client de la très belle librairie Galignani, rue de Rivoli à Paris) et travailler. Ce qui lui laisse tout loisir d’élaborer des stratégies de négociation et d’aller chercher les meilleurs prix lorsqu’il s’agit de vendre un actif, ou la valorisation la plus faible lorsqu’il s’agit de l’acheter, avec cette constante qu’il reconnaît volontiers : il n’aime pas perdre.

Les derniers événements sont venus démontrer que les affaires n’étaient vraiment pas un long fleuve tranquille. Dans le dossier Club Med, une série de contre-temps est venue complexifier ce deal qui aurait dû être bouclé depuis plus d’un an. On a reproché aux initiateurs de l’offre d’avoir été un peu trop pingres pour emporter le morceau. Mais les derniers rebondissements laissent à penser que le tandem Ardian/Fosun pourrait bel et bien mettre la main à la poche pour surenchérir sur l’offre de l’Italien Bonomi. L’été ne sera sûrement pas de tout repos pour lui.

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