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QE européen : qui va racheter quoi ?
Le doute plane toujours sur les détails du fameux programme de quantitative easig annoncé par Mario Draghi le 21 janvier dernier. La date de lancement notamment n’a toujours pas été communiquée, même si le début pourrait avoir lieu le lundi 9 mars selon les informations du journal italien Il Sole 24 Ore. Que sait-on de ce QE à l’européenne et que reste t-il à découvrir ?
Le montant tout d’abord, sera de 60 milliards d’euros d’achats de titres par mois. Sachant que ces 60 milliards comprennent à la fois les achats d’ABS et les dettes d’Etat. Selon les estimations des analystes les achats de dettes d'Etats représenteront environ 45 milliards d’euros mensuels. Sur ces 45 milliards, seuls 8% seront achetés par la BCE, qui prendra tous types de dette d’Etat et non celle d’un ou deux pays en particulier comme certains le craignaient. 12% de titres de dettes supranationales (agences étatiques, dette d’institutions comme la BEI…) seront acquis par les banques centrales nationales (BCN). Le risque sera partagé entre les 19 Etats membres sur ces 20% (8% + 12%) des titres seulement. Le risque sera porté par chacune des BCN pour les 80% restants.
La répartition des 36 milliards d’euros que rachèteront les BCN chaque mois se fera en fonction de la clef de répartition des banques au capital de la BCE. Ce qui signifie que la BundesBank allemande, qui représente 25% du capital de la BCE sera la première acheteuse de titres souverains dans le cadre sur QE, à hauteur de 9 milliards d’euros environ, suivi de la Banque de France, qui devrait elle acheter autour de 7 milliards de dette souveraine par mois.
Le détail de la nationalité des titres achetés n’est en revanche pas encore connu, même si les banques centrales nationales devraient principalement acheter de la dette de leur Etat. Mais, selon des informations obtenues par WanSquare, l’eurosystème a encore du mal à se mettre d’accord sur les montants de dettes visés par pays.
Autre doute au sujet du QE, le timing cette fois-ci : le président de la BCE avait annoncé fin janvier que le programme de rachat de titres durerait jusque septembre 2016 au moins, mais pourrait être prolongé si les perspectives d’inflation n’étaient toujours pas ancrées d’ici là. Or, l’amélioration des perspectives en zone euro depuis deux mois pourrait mettre la BCE dans la situation délicate de devoir dès à présent annoncer la fin du programme, affaiblissant l’impact du programme, estiment les analystes.
Ainsi, la zone euro a-t-elle affiché hier une inflation deux fois moins faible qu’anticipé, à -0,3% sur février, même si cela reste loin de l’objectif de 2% de la BCE. Le taux de chômage a également atteint un plus bas depuis avril 2012, à 11,2%. Les nouvelles prévisions d’inflation et de croissance de la BCE publiées ce jeudi à l’occasion de la conférence des gouverneurs seront une bonne indication de la politique que suivra la BCE dans les prochains mois. Et pourraient aider à anticiper la fin du QE, déjà abordée alors que le programme n’a toujours pas été lancé !
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