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Sur les marchés / Fonds d'investissement

Le fonds norvégien va-t-il monter en puissance dans les sociétés françaises ?

Afin de générer plus de rendement, le fonds va supprimer le plafond de 5% du capital dans ses participations. Les sociétés françaises, qui représentent 7% de son portefeuille actions, pourraient en bénéficier.
Norges Bank fonds norvégien
Norges Bank fonds norvégien

Le fonds souverain norvégien va s’exposer davantage. Les conservateurs du pays, qui ont remporté les élections en septembre 2013, l’avaient répété pendant toute leur campagne : un changement dans le mode de stratégie et d’investissement du fonds, géré par Norges Bank était nécessaire afin de mieux en répartir les bénéfices et accroître son rendement. Les socialistes du précédent gouvernement se sont en effet vus reprocher le mauvais état des infrastructures et de certains aspects du système de santé, alors que le pays vit sur un tas de pétrodollars, le plus important du monde.

Du coup le fonds, qui gère plus de 650 milliards d’euros, a publié aujourd’hui sa nouvelle stratégie d’investissement pour 2014-2016; celle-ci vise à en améliorer le rendement, notamment en prenant davantage de risques. Sur les dix dernières années, Norges Bank a rapporté 3,17% en moyenne, soit en dessous de son objectif fixé à 4%. Une commission avait justement été créée il y a un an pour réfléchir à la façon d’améliorer la productivité des placements.

L’une des conclusions dévoilée ce matin est qu’il faut permettre au fonds souverain d’avoir des participations plus importantes dans certaines entreprises stratégiques. Jusqu’à présent, ses participations étaient limitées à 5% d'une entreprise, ce qui limitait la capacité du fonds à profiter de l’évolution boursière positive de sociétés en forte croissance. Le Goverment Pension Fund souhaite désormais que d’ici 2016, il possède plus de 5% d’une centaine d’entreprises à fort potentiel. Une bonne nouvelle pour les sociétés françaises, qui représentaient à la fin mars 7% du portefeuille actions du fonds.

Pour l’instant, le GPF possède des parts dans 212 sociétés de l’Hexagone, certaines atteignant plus de 3%. C’est le cas notamment de Bourbon dont il détient 3,4%, Bull (3,76%), Eurotunnel (3,5%), Steria (4,1%), Guerbet (3,13%), Neopost (3,32%), Renault (3,77%), Saft (4,7%) Solocal (3,77%), Ubisoft (3,68) et Valeo (3,28%). Le fonds pourrait donc accroître ses parts dans certaines de ces sociétés françaises d’ici 2016, s’il juge que l’investissement est opportun. Auquel cas, le document publié aujourd’hui précise que le GPF aura une plus grande interaction avec le conseil d’administration des groupes dont il sera le plus actionnaire.

Le fonds a également précisé qu’il comptait élargir ses acquisitions dans l’immobilier, notamment en investissant davantage seul et non plus via des joint-venture comme il a jusqu’à présent procédé dans la plupart des cas. Ainsi, la pierre française représente 22,5% du portefeuille immobilier norvégien. Mais ces investissements étaient majoritairement des co-investissements, notamment avec Axa Real Estate avec qui il possède sept immeubles de bureaux pour 1,4 milliard d’euros. Dernière acquisition en date: l’achat du bâtiment des Trois Quartiers auprès de Blackrock en mars dernier. L’opération avait alors représenté un investissement de 425 millions d’euros. Il y a fort à parier pour que le fonds poursuive ses emplettes dans la capitale, seul ou en joint-venture, dans les deux prochaines années.

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