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Les fonds activistes américains s'apprêtent à fondre sur l'Europe
Les banquiers sont quasiment tous unanimes : les M&A ont bel et bien repris des couleurs et leur rythme ne devrait pas faiblir sur la deuxième partie de l’année, y compris sur le Vieux Continent. De quoi réjouir toutes les parties prenantes qui suivent de près ou de loin cette activité cruciale pour la bonne santé des banques mais aussi celle des investisseurs de tous poils. Ce succès est toutefois sur le point de favoriser l’arrivée de nouveaux intervenants qui ne vont pas plaire à tout le monde : les fonds activistes.
Ceux-ci sont assez nombreux aux Etats-Unis et les plus puissants n’avaient jusqu’à présent pas abordé l’Europe, étant déjà bien occupés avec leurs entreprises nationales. Leurs différentes actions ont d’ailleurs été plus que juteuses, puisqu’ils ont, dans de très nombreux cas, obtenus gain de cause. Il faut dire que ces professionnels de la finance sont très organisés et très au fait des griefs qu’ils peuvent mettre en avant car ce sont, pour l’essentiel, d’anciens avocats.
Parmi les fonds activistes les plus en vue en ce moment aux Etats-Unis, celui de Bill Ackman (Pershing Square Capital), mais aussi Third Point Management fondé par Daniel Loeb en 1995 et qui se flatte d’avoir délivré un retour sur investissement de 25% par an depuis lors. Des hedge funds qui pèsent chacun un peu plus de 10 milliards de dollars avant effet de levier et qui ont donc décidé d’aborder l’Europe. Pour preuve, Bill Ackman met la touche finale à la levée d’un fonds de 3 à 4 milliards d’euros qu’il envisage de coter à la Bourse d’Amsterdam. Avec, bien évidemment l’intention de se positionner sur de gros dossiers susceptibles d’être la cible de critiques et de demander de profondes modifications de gouvernance mais aussi de plus généreuses rémunérations pour les actionnaires. En Europe, des personnalités telles que Guy Wyser Pratte ou Knight Vinke et des fonds tels que Centaurus ou Amber Capital ont déjà fait parler d’eux par le passé. Mais la nouvelle génération d’activistes, de la bouche même de banquiers influents de la place, sont bien plus « dangereux » et seraient prêts à dégainer des « machines de guerre ».
Il faut dire qu’ils ont récemment levé d’énormes sommes de l’autre côté de l’Atlantique (environ 80 milliards de dollars) et qu’ils ont aujourd’hui envie d’aller là où leur activisme pourrait être le plus fructueux. Ils privilégient des zones en phase de fragilité et n’ayant pas réalisé les réformes qui s’imposent. La France comme les Pays-Bas, l’Italie ou l’Espagne entrent donc parfaitement dans ce schéma. Leurs attaques sont d’ailleurs très souvent redoutées par les sociétés cibles, leurs dirigeants n’étant absolument pas préparés à ce type d’action déstabilisante. Comme on a pu le voir au printemps dernier chez Nexans.
Reste à savoir qu’elles seront ces cibles. Une chose est sûre : selon les informations de WanSquare, certains de ces fonds ont déjà mandaté des banquiers pour prendre des participations dans des entreprises du Vieux Continent. Et plus particulièrement dans des entreprises de grande taille, vue la profondeur de leurs portefeuilles. Ils ne devraient donc pas tarder à se manifester.
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