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Le refinancement par dette bancaire toujours plébiscité en France

PSA, Elior, Lafarge… Les prêts leveragés atteignent des records en France cette année, à 13 milliards d’euros, via des amend&extend ou des refinancements classiques. Crédit Agricole CIB a été la banque la plus active sur ce segment.
Billets échiquier
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La concurrence entre banques dont les capitaux sont sous-alloués fait rage en France et en Europe, et les corporates comptent bien en profiter pour se refinancer à moindre coût, sur la partie obligataire comme sur les loans. Selon Dealogic, le volume des prêts leveragés destinés au refinancement atteint un record depuis le début de l’année, à 13 milliards de dollars. C’est une hausse de 36% par rapport au premier semestre 2013 et même davantage qu’à la même période en 2007, avant la crise.

Le marché français a certes été porté par le refinancement de PSA Peugeot Citroën auprès d’un pool de neuf banques, pour 3 milliards d’euros. L’année avait commencé avec Elior, en LBO avec Charterhouse, qui avait rééchelonné 1,7 milliard d’euros de dette en vue de préparer son changement d’actionnariat, qui s’est soldé par une IPO ce mois-ci. A ensuite suivi Alcatel-Lucent pour 1,27 milliard d’euros en février, et Lafarge est le dernier exemple de corporate français à avoir refinancé plus d’un milliard d’euros de dette (1,5 milliard), en début de mois.

Sur ce segment, Crédit Agricole CIB prend largement la première place du podium, avec 16,8% de parts de marché, devant Nomura (9,3%) et SG CIB (7,3%).

Les conditions sont certes optimales pour les emprunteurs : le déséquilibre entre offre et demande demeure criant, car aucune dette « new money » n’a été émise en France depuis le début de l’année. Le marché est conduit par des refinancements pour lesquels les banques, qui n’ont pas réduit leur exposition malgré la mise en place de Bâle 3, se livrent une concurrence ardue sur les fees. Il en va de même pour les amend-and-extend, lorsqu'une société rééchelonne et modifie les conditions de sa dette existante. Vinci, Bureau Veritas, Remy Cointreau, Bolloré, Icade… Tous se sont engouffrés dans la brèche car la grande majorité des banques veut y participer et le syndicat approuve en général l’opération à des conditions très favorables. Ainsi, selon les données de RBS, les corporates européens finalisent ces amend-and-extend avec des baisses de commissions comprises entre 20 et 50% depuis fin 2013 !

Sur le high yield, la dette cove-lite de 800 millions d’euros pour la reprise de Ceva Santé, les montants contractés par Numericable pour racheter SFR (2,6 milliards d’euros et 2,6 milliards de dollars) ou encore l’amend-and-extend de 1,2 milliard d’euros de Spie, montrent l’étendue de l’appétit des banques pour du papier, même risqué. Néanmoins, RBS estime que les deux tiers des coporates ont refinancé leurs lignes de crédit depuis 18 mois, donc le flux devrait finir par se tarir. Cela obligera les banques à innover dans les crédits non notés ou tirés, une habitude qu’elles avaient perdu avec la crise.

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