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France: pourquoi la production industrielle s'effondre
Les analystes ne s’attendaient certes pas à des excellents chiffres pour la production industrielle de la France au mois de mai, au vu des médiocres résultats des dernières enquêtes de confiance. Mais le consensus tablait tout de même sur une modeste hausse, de 0,2%. Or, la production a finalement fortement reculé, de 1,7% par rapport à avril tandis que sur la période de mars à mai, elle a également baissé de 2,3% par rapport au même trimestre en 2013.
Et même en retirant la production énergétique, la plus volatile des composantes, la production manufacturière n’a connu aucune croissance tandis que le secteur de la construction est en recul. La confiance des ménages, qui avait un peu progressé ces deux derniers mois, aurait dû tirer l’immobilier à la hausse. Or, entre avril 2013 et avril 2014, la France a construit 316 000 logements, soit -6,5% par rapport aux douze mois précédents qui étaient eux-mêmes en baisse. Ce qui représente un plus bas depuis quinze ans.
Si les chiffres de l’Italie ne sont pas bons non plus en mai, (-1,2%), la France reste la plus à la traîne de toute la zone euro. Déjà, sur les quatre premiers mois de l’année (janvier à avril), l’Hexagone était le seul pays à avoir connu une baisse de son activité industrielle par rapport à l’an dernier (-0,5%) alors que tous les autres Etats avaient repris des couleurs (Allemagne +1,9%, Espagne +0,8% et Italie +0,7%). « Le rebond tant annoncé pour le second trimestre n’arrivera pas et il est même difficile d’envisager les facteurs qui pourraient pousser la production industrielle à la hausse dans les prochains mois », explique Julien Manceaux, analyste chez ING.
Selon lui, la faiblesse de la demande intérieure et la perte de compétitivité de la France sont les deux principaux éléments d’explication des mauvais chiffres dévoilés ce matin. « Les ménages sont encore très conservateurs et prudents dans leurs dépenses, comme le prouve la mollesse du marché immobilier », explique-t-il. Ensuite, malgré une demande mondiale encore poussive, la France pourrait certainement mieux tirer son épingle du jeu si elle améliorait sa compétitivité. « La France est un des seuls Etats dont la compétitivité est en baisse. Les salaires continuent d’augmenter, contrairement aux pays du Sud », explique encore l’analyste.
Vu les mauvais résultats de la production industrielle dévoilés aujourd’hui, les espoirs du gouvernement d’atteindre une croissance de 1% cette année s’amenuisent, ce qui remet en cause également le rétablissement progressif de la trajectoire budgétaire du pays. Selon Julien Manceaux, la France est désormais quasiment entrée en situation de déflation, comme l’ont souligné les chiffres CPI, publiés également ce matin: les prix n’ont augmenté que de 0,5% sur le mois de juin. « La faiblesse de l’inflation prouve que l’activité est stagnante et qu’aucune pression inflationniste ne provient de l’appareil productif », conclut l'analyste.
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