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Les gestionnaires d'actifs menacés par les ventes des fonds souverains
Il y a quatre ans à peine, les gérants d’actifs se battaient pour obtenir un mandat de gestion auprès des fonds souverains, alors considérés comme de puissants investisseurs, aux poches très profondes et aux objectifs de long terme. Mais depuis l’effondrement du pétrole, les fonds du Moyen-Orient, qui tirent la majeure partie de leurs revenus de l’or noir, pourraient se montrer plus frileux. Et risquent de revendre une partie de leurs titres l’an prochain pour compenser la chute de plus de 50% des cours du Brent depuis juin 2014. C’est du moins l’un des dix principaux risques relevés par les analystes de Morgan Stanley pour 2016, qui citent également les potentiels retraits des fonds communs de placement individuels.
Selon la banque, il est possible que ces derniers procèdent également à des ventes d’actifs non négligeables l’an prochain, alors qu’ils pourraient bientôt être soumis à des stress tests en raison des craintes de liquidités sur leurs portefeuilles d’obligations corporate. Ceux-ci ont doublé depuis 2005 et représentent désormais 20 à 30% du marché obligataire corporate global, proportion qui pourrait amener certains régulateurs comme l'AMF ou le FCA britannique à passer en revue leurs actifs. Cela pourrait affecter les bénéfices des gérants à hauteur de 2% ou 3%, selon les calculs de Morgan Stanley.
Mais les fonds souverains, qui représentent environ 5% de l’industrie des asset managers (soit 7000 milliards de dollars), dont un tiers des actifs sont gérés sous mandat, constituent un risque supérieur pour l’an prochain, estime Morgan Stanley. La banque américaine est ainsi responsable de près d’un milliard de dollars d’actifs pour le compte d’investisseurs souverains. Sur les 7000 milliards d’actifs gérés sous mandat, environ 60% proviennent de fonds souverains « pétroliers », les plus susceptibles de procéder à des retraits en 2016, poursuit la banque. Les sociétés de gestion alternative sont les plus exposées aux fonds du Golfe (entre 5% et 15% des actifs sous gestion) contre 1% à 12% pour les sociétés de gestion traditionnelles. Même si les pertes pour les gérants devraient être moins douloureuses que pour d’autres clients, puisque les fonds souverains bénéficient généralement de commissions plus avantageuses. Selon la banque, Legg Mason, qui gère quelque 88 milliards de dollars pour le compte de fonds souverains, serait le plus impacté en cas de retraits massifs de ces derniers, suivi par notamment par Aberdeen Asset Management et Schroders.
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