WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Evenements / Restructurations

Evenements
Restructurations

Le clap de fin de Vivarte, un exemple pour Latecoere

La restructuration financière du groupe d'habillement s'achèvera fin octobre par la prise de contrôle par les hedge funds. Un timing serré et un précédent important pour Latecoere, qui fait néanmoins face à d'autres problématiques.
Poignée de mains 2
Poignée de mains 2

Les différents protagonistes de la restructuration financière de Vivarte (Kookaï, André, Minelli, La Halle etc), le plus important dossier de debt-for-equity swap en France à ce jour, peuvent pousser un "ouf" de soulagement. Après des semaines de négociations musclées, le suspense est désormais levé: la dette est ramenée de 2,8 milliards d'euros à 800 millions, les onze créanciers injectent 500 millions d'euros de new money et le closing aura lieu le 29 octobre prochain. C'est un dénouement satisfaisant pour cet exemple du LBO excessif signé en 2007, lorsque Charterhouse, Chequers et Sagard avaient racheté le groupe en l'affublant d'une dette de 3 milliards d'euros, mais qui s'est soldé par une perte sèche pour les actionnaires.

Seul point qui reste encore en suspens, le maintien ou non du P-dg Marc Lelandais une fois que les quatre actionnaires de référence (Oaktree, Alcentra, Babson et GoldenTree) auront pris les rênes du nouveau groupe. Le précédent ne joue certes pas en sa faveur: Saur était le dernier dossier symbolique de renversement de contrôle par des créanciers en France à l'été 2013, et le P-dg a jeté l'éponge environ six mois après le changement de gouvernance.

Ces premiers cas d'espèce en France, où les créanciers n'étaient jusqu'à présent pas habitués à forcer la main pour prendre le contrôle de sociétés en difficultés financières, seront en tout cas scrutés de près par les actionnaires activistes sur de nouveaux dossiers. Ainsi en est-il aujourd'hui avec le groupe coté Latecoere, qui croule sous 320 millions d'euros de dette, soit près de 2,5 fois ses capitaux propres. Le fonds américain Apollo, qui avait déjà participé à la restructuration de Constellium en France, s'est positionné depuis plusieurs mois, ainsi que le britannique Monarch, et ensemble ils ont racheté environ un tiers de la dette auprès des banques, lassées par plusieurs restructurations successives.

Un mandat ad hoc a été ouvert et la société de fuselage d'avions a rendez-vous au Ciri (Comité Interministériel de Restructuration Industrielle) lundi prochain pour évoquer son cas, selon le Figaro. Etant donné qu'elle fournit principalement Airbus et Boeing et affiche quatre années de carnet de commandes, le temps presse. Et la feuille de route est ambitieuse: trouver un accord à l'unanimité des créanciers pour convertir la dette en capital et injecter des capitaux frais, puis ratifier l'accord à la majorité des deux tiers des actionnaires lors d'une assemblée générale.

Les tensions pourraient donc aussi bien venir des créanciers que des porteurs de parts, d'autant que Latecoere n'a aucun actionnaire de référence. Le flottant représente 92,3% du capital, et seules les sociétés de gestion Amundi et Salvepar ont plus de 5% des parts. Un cas de figure plus complexe donc qu'un LBO contrôlé par trois fonds de private equity, et qui va probablement nécessiter d'intenses tractations. Le mandat ad hoc n'est signé que pour quelques mois et, s'il peut être prolongé, il est toujours préférable de boucler ce type de restructuration le plus rapidement possible, pour ne pas porter atteinte à une activité opérationnelle bien-portante. Frédéric Michelland, ex-directeur adjoint de Nexans arrivé à la présidence du directoire en novembre dernier, a du pain sur la planche pour rassurer sur l'avenir financier de Latecoere, dont le titre a déjà perdu 30% depuis début septembre.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article