WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Evenements / Restructurations

Evenements
Restructurations

Vivarte : un scénario semblable à celui de Saur se précise

Alors que le groupe français d’habillement détenu par Charterhouse a fait une demande de réduction drastique de la dette, les créanciers montent au créneau. Les négociations seront serrées entre eux et avec la conciliatrice.
Vivarte
Vivarte

Les tractations actuellement en cours autour de Vivarte, la maison-mère des marques André, Kookaï, la Halle, Caroll etc, rappellent étrangement un dossier similaire il y a tout juste un an : celui du numéro trois français de l’eau, Saur. Egalement sous conciliation, le groupe a finalement été repris par un consortium de banques créancières emmenées par BNP Paribas, Natixis et RBS, qui ont ramené la dette de 1,7 milliard à 900 millions d’euros, voire à 750 millions en cas de difficultés à rembourser. Cet épilogue avait clos plusieurs mois de négociations intenses, où le fonds d’infrastructure Cube actionnaire, le fonds Impala de Jacques Veyrat, le P-dg de Louis Dreyfus, et même Séché Environnement, l’ennemi de toujours, s’étaient positionnés.

Vivarte n’est certes pas confronté à cette combinaison d’actionnaires étatiques (le FSI), de fonds (Axa PE et Cube) et d’un industriel (Séché Environnement). Dans ce cas, le fonds majoritaire Charterhouse, suivi par Chequers et Sagard, a déboursé 3,5 milliards d’euros, dont 2,8 milliards de dette, pour racheter à PAI Partners la marque française d’habillement en haut de cycle, en 2007. Depuis, il a fait face au retournement de marché et n’a réussi à maintenir un chiffre d’affaires stable, autour de 3 milliards d’euros, qu’au prix d’importantes soldes et d’un rythme agressif d’ouverture de boutiques.  L’Ebitda s’est pendant ce temps contracté et a été divisé par deux, à plus de 200 millions d’euros.

Le nouveau P-dg du groupe, Marc Lelandais, arrivé en juillet 2012, s’est attaché à améliorer la topline et à renouveler l’offre avec des boutiques redesignées. Les résultats sur les premiers mois de l’année sont concluants : le chiffre d’affaires de la Halle a gagné 12% tandis que les « nouveaux concepts », à l’image du magasin vitrine de la Halle qui doit ouvrir sur les Grands Boulevards samedi, ont pris 30%.

En attendant, le niveau de dette est devenu intenable et Vivarte a gelé le remboursement de sa dette en se mettant en conciliation, mi-février. Le management s’est montré ambitieux : il réclame un abandon de créances de 2,3 milliards d’euros, soit une dette de 500 millions d’euros et 500 millions de « new money ».

Les créanciers n’ont pas tardé à réagir : deux hedge funds, Angelo Gordon et Avenue Capital, ont d’ores et déjà proposé d’injecter 450 millions d’euros si la dette est ramenée à 1,2 milliard d’euros, et d’émettre 500 millions d’euros d’obligations convertibles en actions, en cas de retour à meilleure fortune. Par ailleurs, le fonds Oaktree, un important créancier, a fait savoir qu’il était à la manœuvre pour formuler une offre. Deux fonds de private equity, CVC Capital Partners et KKR, ont également ouvert le dossier mais malgré un point d’entrée intéressant, il paraît risqué pour eux, surtout s’ils ne peuvent plus compter sur l’effet de levier pour créer de la valeur.

Le scénario qu’a connu la Saur, à savoir une reprise en main par des créanciers, semble donc le plus probable car l’enjeu est le plus important pour elles. Mais les acteurs en présence devront convaincre la conciliatrice, Hélène Bourbouloux, mais aussi et surtout leurs pairs. Il faut obtenir 100% des suffrages ou, si seule une majorité des deux tiers se dégage, passer par une sauvegarde financière accélérée (SFA). L’administrateur Laurent Le Guernevé a déjà réussi le tour de force de boucler une SFA sur le groupe bordelais Lurton en 15 jours, donc l’option est valide.  Chez Saur, les trois banques en tête de liste avaient obtenu 100% des votes, ce qui n’a pas empêché le patron Olivier Brousse de démissionner en début d’année, à peine six mois après le changement de contrôle. Un sort que ne devrait pas connaître Vivarte, l’activisme des fonds étant la meilleure preuve de leur intérêt pour le business plan porté par le patron.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article