Indicateurs macros / Indicateurs macros
Indicateurs macros
Indicateurs macros
France: le gouvernement est le seul à croire en la reprise
L’Insee a donc publié hier soir une note de conjoncture en demi-teinte concernant les perspectives françaises cette année, en dévoilant une croissance pour 2014 de 0,7% seulement, contre les 1% prévus par le gouvernement. En cause: une consommation en berne, plombée par la hausse de la TVA et la baisse des dépenses publiques, ainsi qu’un niveau de chômage encore élevé. Sachant que, côté entreprises, le moral des patrons est en berne et n’a pas progressé depuis septembre 2013. Ce qui ne devrait pas favoriser la reprise de l’investissement.
La publication des indicateurs du climat des affaires ce matin dans le secteur des services, de l’industrie et du bâtiment sont venus confirmer la dégradation du sentiment des chefs d’entreprises concernant les perspectives du pays. Ainsi, l’indicateur global, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprises des principaux secteurs d’activité, a perdu deux points au mois de juin, et se situe à 97,7 soit en dessous du point bas d’octobre où il avait atteint 98. C’est son plus bas niveau depuis juillet 2013, au moment où François Hollande avait commencé à parler de reprise !
Surtout, l’indicateur de retournement pour l’ensemble des secteurs est passé dans la zone indiquant une situation défavorable. Dans l’industrie, les stocks n’ont pas diminué malgré la légère amélioration de l’activité ces dernières semaines. Il faut dire que les carnets d’ordres se sont fortement détériorés au cours des mois de mai et juin, et ont été plus bas au deuxième trimestre qu’au premier. Ce qui signifie que « l’amélioration tant attendue des perspectives de production n’est pas pour tout de suite », estime Julien Manceaux, analyste chez ING.
Autre signal inquiétant de ces enquêtes publiées ce matin: les perspectives d’évolution des prix sont plutôt mauvaises. Les entreprises ne pourront donc pas compter sur l'effet prix pour gonfler leurs recettes. Les pressions déflationnistes devraient donc se poursuivre en France dans les prochains mois, accompagnée d'une stagnation de la production.
«Le déclin de l’indice de confiance global met en péril la reprise de la croissance prévue pour le deuxième trimestre », estime encore l’analyste. « Le combat pour la croissance mené par Manuel Valls pourrait donc être très décevant, vu la faiblesse des indices publiés aujourd’hui », poursuit Julien Manceaux. Seule la consommation permettra sans doute de booster le PIB au deuxième trimestre, mais elle sera certainement insuffisante pour atteindre l’objectif de 1% cette année. Bref, « le gouvernement est en train de voir le risque de se retrouver piéger dans la stagnation se matérialiser ».
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

