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Macro-économie / Taux / NGFS / G7

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NGFS / G7

Le NGFS poursuit sa cartographie des dommages climatiques / Un travail effectué dans le cadre de la présidence française du G7

La recension effectuée par les membres du Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS) a été plus qu’exhaustive, couvrant les phénomènes météorologiques extrêmes survenus dans 28 économies entre 2015 et 2025. Un élément parmi d’autres permettant d'observer l’évolution des canaux macroéconomiques et financiers de transmission de ces chocs à l’économie.
Photo par DAMIEN MEYER / AFP
Photo par DAMIEN MEYER / AFP

Une confirmation de plus, s’il en fallait encore une. La note préparée par le Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS) à l’invitation de la présidence française du G7 a une nouvelle fois mis en évidence les liens étroits entre phénomènes météorologiques extrêmes et répercussions macrofinancières conséquentes. Les travaux réalisés en ce début d’année ont à la fois insisté sur la persistance des répercussions et sur la grande hétérogénéité entre celles-ci.

Il faut dire que le NGFS a pu compter sur des études de cas provenant de 28 économies, lesquelles permettent d’aller plus finement dans la compréhension des dommages directs annuels causés à l’échelle mondiale par des événements météorologiques. Ces derniers ayant plus que doublé depuis le début du siècle, pour aller jusqu’à représenter quelque 200 milliards de dollars en 2025. Un choc difficile à interpréter encore aujourd’hui expliquent les équipes du réseau et ce en raison de données pour le moins lacunaire sur la question.

 

Cheval de bataille

 

Une des raisons pour laquelle cette note a été sollicitée est qu'il s’agit d’une priorité de la présidence française du G7 que d’évaluer les impacts économiques des phénomènes météorologiques extrêmes, leurs canaux de transmission et les éventuels mécanismes de répercussions internationales. Ce qui ne veut pas dire qu’aucun progrès n’avait été réalisé ces dernières années avant que l’organisation ne soit sollicitée par les autorités tricolores, loin de là. La priorité fixée par la note est avant tout de continuer la recherche sur le sujet, seule façon d’obtenir des réponses politiques plus efficaces dans un avenir proche.

Le travail mené a porté tant sur les répercussions par le canal de l’offre, que sur celui de la demande. Le premier étant rapidement sollicité dès lors que le capital productif est endommagé, que l’offre de main-d’œuvre est affectée ou encore que les activités de productions soient paralysées. Des enseignements présents dans les cas d’étude sur le Japon en 2018 et sur la Tanzanie en 2024, lesquels permettent de constater un ralentissement de l’activité économique conduisant in fine à une hausse du chômage et des pertes nettes de revenus. Ce qui est du ressort des canaux de la demande cette fois-ci et semble pouvoir se propager au-delà des frontières nationales. Le NGFS expose que cela s’est produit à plusieurs reprises via des fournisseurs clés, ces derniers répercutant les conséquences du choc sur la production et le commerce.

 

Domino

 

En bout de chaîne c’est la macroéconomie qui finit par en faire les frais, à l’instar des effets tant sur l’inflation que sur l'activité. Bien que dès le « départ, les effets inflationnistes se font principalement sentir sur les prix des denrées alimentaires et de l’énergie (Pakistan en 2022 ou Équateur en 2024), mais ils peuvent devenir persistants à mesure qu’ils alimentent l’inflation globale ». Le cocktail concocté par les phénomènes météorologiques extrêmes peut alors donner mal à la tête en mêlant impulsion stagflationniste à court terme à une croissance économique plus faible et une hausse des prix.

Le risque évident est celui d’une répercussion sur le secteur financier, via les risques de liquidité et de crédit. Plusieurs exemples sont recensés de cas où les « événements ont entraîné une baisse temporaire de la valeur des garanties » ou bien « une augmentation des taux de prêts non performants ». Des effets bien souvent transitoires et extrêmement localisés, cependant le NGFS n’écarte pas la possibilité qu’ils puissent devenir « persistants lorsque des conditions défavorables s’accumulent et génèrent des effets de rétroaction sur la macroéconomie à mesure que les conditions de crédit se resserrent ». Une situation parmi d’autres ou des mécanismes de résilience peuvent jouer un rôle crucial et limiter les dommages pour l’économie.

Malheureusement si l’Espagne a pu en bénéficier, il s’avère que d’autres pays étaient bien moins préparés. Ce fut le cas lors des inondations au Pakistan, où seules « environ 1 % du montant total des dommages était assuré, laissant les ménages et les petites entreprises largement exposés à des pertes de patrimoine et de revenus, ce qui s’est traduit par une augmentation de la pauvreté » et une perte de capital humaine à plus long terme en raison de l’interruption des scolarités durant plusieurs semaines. Le long terme permet d’apprécier plus finement les dommages réellement supportés par l’économie, tels qu’un coût plus élevé de la couverture d’assurance à l’avenir ou encore une dette publique accrue limitant la marge de manœuvre des pouvoirs publics. Autant d’effets indésirables qui sont la conséquence de la protection de l’économie à court terme et qui demeurent particulièrement difficile à isoler. Le NGFS souligne que des progrès ont déjà été effectués pour prendre en compte ces dynamiques que ce soit par les banques centrales ou les autorités de surveillances.

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