Macro-économie / Taux / NGFS / Agnès Bénassy-Quéré / Banque de France
Macro-économie / Taux
NGFS / Agnès Bénassy-Quéré / Banque de France
Les impacts à court terme des risques climatiques de mieux en mieux quantifiés / Le NGFS met à disposition du monde financier toute une batterie de scénarios
Les accords de Paris auront bientôt 10 ans et la mesure du coût de la transition n’a jamais été aussi fine qu’aujourd’hui. Le dernier outil en date se trouve être la mise à disposition par le réseau pour le verdissement du système financier (NGFS) de ses différents scénarios de court terme ayant trait à la transition et aux risques physiques.
Un exercice complémentaire des scénarios de long terme publiés depuis plusieurs années déjà. Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure à la Banque de France, et une délégation de la Banque de France, laquelle assure le secrétariat du NGFS, ont longuement détaillé cette semaine l’intérêt de cette nouvelle publication. Il a notamment été argué que se positionner uniquement dans le temps long comporte des limites certaines, puisqu’en raisonnant de cette façon "les impacts climatiques augmentent de manière progressive, et gomment les potentiels événements extrêmes, à faible probabilité mais fort impact, pouvant affecter nos économies dans les prochaines années". Les cadres de modélisation retenus sont également mis en cause, puisque générant des trajectoires qualifiées de "relativement peu adverses ".
Enrichir
Un constat qui a poussé le NGFS à proposer des scénarios à un horizon de 3 à 5 ans permettant d’intégrer les relations complexes entre système financier, économie et risque climatique. Tout l’intérêt d’une telle démarche réside dans le fait qu’on "ne peut pas mesurer l’atténuation des risques physiques par les effets des politiques de transition". L’institution s’est en effet attachée à travailler sur des narratifs certes défavorables mais avant tout plausibles.
Se targuant de mettre à disposition le premier outil public de la sorte, le NGFS espère qu’il sera exploité dans les stress tests climatiques menées aux quatre coins du globe. Les données mises à disposition touchant certes aux variables climatiques et économiques mais également financières, puisqu’il sera également possible de constater des évolutions pour les prix des obligations souveraines et corporates ou encore concernant les spreads et probabilités de défaut.
Quatre scénarios ont été détaillés un peu plus en profondeur pour illustrer le champ des possibles de cette fin de décennie ; on y retrouve une transition mise en œuvre immédiatement ou avec un temps de latence, l’hypothèse d’évènements climatiques extrêmes dans certaines régions est explorée ainsi que ses répercussions via le canal financier ainsi que celui commercial et enfin des situations entraînant destruction de capital et perte de productivité sont également à l’ordre du jour.
Intuition
Autant de scénarios très éloignés les uns des autres mais tous utiles, dans la mesure où ils ont été pensés pour étudier les canaux de transmission des différents chocs. Les effets macroéconomiques qu’ils relatent doivent permettre de "préparer des décisions de politique monétaire, par exemple, ou en matière de stabilité financière". Des enseignements ont également été précisés par les équipes de la Banque de France et tous ne sont pas intuitifs loin de là.
D’autres le sont davantage puisque les scénarios de court terme font affirmer au NGFS que "retarder les efforts de transition augmente les coûts économiques de la transition et provoque un stress financier supplémentaire". Il est également expliqué que les évènements climatiques extrêmes ont beau parfois être cantonnés géographiquement, il n’en demeure pas moins que les pertes engendrées le sont pour l’économie globale.
La transition est d’autant plus douloureuse à mettre en place qu’elle est lente à être lancée avance l’institution. Les calculs dévoilés établissent qu’il sera enregistré près de 0,4 % de pertes de PIB mondial dans un scénario idéal contre 1,3 % en 2030 si la transition est retardée de trois ans. Le seul intérêt de retarder la transition étant un calcul de court terme pour éviter de voir les efforts de la transition diminuer la croissance à court terme, les scénarios présentés n’intégrant pas de relance budgétaire les ressources à allouer sont donc limitées, ce qui est un calcul très court-termiste puisqu’il conduit à voir le PIB être pénalisé par ce retard par la suite.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

