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Macro-économie / Taux / OFCE / croissance / France

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Guerre au Moyen-Orient : un apaisement profitable à la croissance hexagonale / L’OFCE rappelle qu’il faudra attendre pour voir un retour à la normale

Un arrêt des affrontements au Moyen-Orient ferait les affaires de l’économie française. Les conséquences d’un conflit prolongé auraient été loin d’être indolores. Ce scénario a été exploré par les équipes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans leurs récentes perspectives économiques consacrées à la France, l’hypothèse combinant poursuite des affrontements et prix des hydrocarbures élevés dans le temps. Le chiffrage dévoilé ce matin fait état d’un impact négatif pour le PIB de l’ordre de 0,5 point en 2026 et de 0,8 point en 2027.
Photo par LIONEL BONAVENTURE / AFP
Photo par LIONEL BONAVENTURE / AFP

Une récession évitée de peu en France. C’est sans doute le constat qui sera fait dans les années à venir, dans le cas où le conflit au Moyen-Orient s’apaise pour de bon. La lecture des dernières prévisions économiques de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) va dans ce sens, avec la possibilité d’un scénario « sévère » associant une escalade du conflit au Moyen-Orient à une hausse durable sur les prix des hydrocarbures – le prix du baril restant durablement au-dessus de 100 dollars. La réalisation de ce dernier conduirait à abaisser la prévision de croissance du PIB à 0,4 % pour cette année (avec un acquis de croissance de 0,5 % fin 2025) et à 0,0 % en 2027. Les équipes de l’OFCE avertissent qu’une telle situation verrait le risque de récession pour l’économie française être « très élevé ».

Pour autant, nul besoin d’un scénario défavorable pour que l’économie mondiale et tricolore porte quelque temps les stigmates des quelques semaines de conflit. L’OFCE explique en effet que bien que « la croissance spontanée du PIB serait, selon nos évaluations, de 1,6 % pour cette année et 1,5 % pour l’année prochaine, la croissance prévue ne devrait être que de 0,8 % en 2026 et 1 % en 2027, les chocs négatifs l’emportant sur ceux positifs ». Un scénario central dans lequel la hausse des prix des hydrocarbures amputerait la croissance de −0,2 point de PIB en 2026 et de − 0,1 point en 2027. Le choc énergétique commencerait à s’estomper dès la fin du premier semestre 2026 et verrait le baril revenir peu à peu vers les 70 dollars.

 

Scène nationale

 

Le Moyen-Orient n’est cependant pas le seul aléa baissier pour la croissance tricolore, loin de là étant donné que la « politique budgétaire, après avoir amputé l’activité de −0,4 point de PIB en 2025, réduirait la croissance de −0,5 point en 2026 et de −0,6 point en 2027 sous l’effet de la consolidation ». L’institution explique supposer que le gouvernement choisira en 2027 une trajectoire budgétaire, conforme aux engagements européens, « correspondant à une impulsion budgétaire primaire de −0,8 point de PIB (après −0,7 point en 2026 et −1,0 point en 2025) ». Un choix par défaut qui sera vraisemblablement amené à évoluer au fil des débats budgétaires.

Ce manque de stabilité pèse sur la croissance, l’OFCE expliquant que depuis la dissolution, c’est la bagatelle de – 0,8 point de PIB qui est directement imputable - sur la période 2024- 2027 - à cette hausse de l’incertitude liée à la politique nationale. A titre de comparaison la hausse de l’incertitude internationale ne coûtera que de l’ordre de −0,2 point de PIB en 2025, puis −0,1 point en 2026. Ajouté aux aléas tels que la politique monétaire, on table chez les équipes de Xavier Ragot, président de l'OFCE, sur une croissance du PIB de 0,8 % pour cette année et de 1 % en 2027.

 

Retrouver le fil

 

Un des espoirs pour la croissance tricolore pourrait venir de la baisse progressive du taux d’épargne qui se dessine – attendu à 16,7 % fin 2027. Elle serait soutenue par la baisse des taux réels et du revenu réel des ménages tandis que se normaliserait l’incertitude nationale. Ce qui serait une bonne nouvelle tant « la consommation des ménages a marqué le pas, avec une très faible contribution à la croissance sur l’ensemble de l’année 2025 (0,1 point de PIB en fin d’année 2025 contre 0,6 point fin 2024) ». De quoi expliquer que les ménages dégagent actuellement des capacités de financement historiquement élevées (de l’ordre 5,8 points de PIB), une nette amélioration – de près de 3,7 points de PIB depuis 2018 – et ce en raison de la hausse continue du taux d’épargne ces 8 dernières années. De quoi laisser entrevoir le potentiel de soutien à la consommation.

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