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Le climat coûte déjà cher à l’Europe / La facture pourrait rapidement devenir plus lourde

Une des têtes pensantes de la Banque de France s’inquiète des dégâts provoqués par le changement climatique que ce soit en France ou en Europe. Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, vient en effet de signer un billet dans lequel elle rapporte qu’en l’absence d’effort pour diminuer les émissions, il se pourrait que les pertes associées puissent atteindre plus de 7 % du PIB français.
Incendie. Photo by Samuel Boivin / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Incendie. Photo by Samuel Boivin / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Un Vieux continent qui n’est pas épargné, loin de là. C’est plutôt le contraire qui est en train de se produire, avec une Europe qui se réchauffe plus vite que le reste de la planète. Les conséquences sont rapidement à la fois multiples et très coûteuses. Tel est le constat posé par Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France. Celle-ci exposant qu’il ne faut pas cantonner l’analyse aux seuls dégâts directs causés par les événements climatiques extrêmes.

Elle en veut notamment pour preuve que "l’indice de prix à la consommation des assurances a augmenté plus vite que l’indice d’ensemble des prix à la consommation à partir de 2012", tout en soulignant que l’ensemble de "l’écart ne peut être entièrement attribué à l’évolution du climat ". Il n’en demeure pas moins que les indemnisations de dommages liés notamment aux inondations ont augmenté depuis plus d’une décennie, ce qui se répercute logiquement sur le coût des surprimes obligatoires contenues dans les contrats d’assurance dommage. Que ce soit pour les particuliers ou bien les professionnels.

 

Quantifiable

 

La seconde sous-gouverneure de l’institut d’émission n’en oublie pas pour autant les pertes économiques directes associées aux catastrophes climatiques. Elle se fait l’écho d’un chiffrage publiée par l’Agence européenne pour l’environnement de quelque 40 milliards d’euros pour la seule année 2024 - environ 0,2 % du PIB de l’Union européenne. La dynamique étant à la hausse depuis plusieurs années.

Le risque est également de minimiser l’impact des évènements qui se sont produits, en occultant leurs effets négatifs sur la croissance en raison de l’existence de celle-ci. Elle rappelle ainsi que bien que le "PIB français ait augmenté de 0,3 % au deuxième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent, malgré un épisode caniculaire en juin […] cela ne prouve aucunement que l’effet du réchauffement est bénin". Les effets pouvant être différés et difficilement mesurables puisqu’on parle ici à la fois de journées d’éducation en moins tout comme d’écosystèmes entiers pouvant avoir disparu.

 

Envolé

 

Elle mobilise ainsi des exemples contrefactuels et historiques expliquant que les évènements de l’été passé pourraient avoir engendré une baisse de valeur ajoutée " allant jusqu’à -1,4 % dans les départements de l’ancienne région Languedoc-Roussillon". L’économiste argue également que la sécheresse de l’année 2022 est également documentée dans la littérature scientifique comme ayant " causé une hausse de 0,4 à 0,9 point de pourcentage de l’inflation alimentaire en Europe, et une hausse de 0,2 à 0,4 point de pourcentage de l’inflation totale".

D’autres effets sont plus aisément observables, comme les rendements des grandes cultures agricoles sur le continent. Ces derniers ayant cessé de croître depuis la fin des années quatre-vingt, une dynamique imputée à près d’un tiers au réchauffement climatique. Mis bout à bout ces éléments expliquent que le Network for Greening the Financial System (NGFS) considèrent qu’au vu des conditions économiques et climatiques actuelles, "si l’Europe connaissait une combinaison d’événements météorologiques de probabilité faible mais particulièrement sévères, la France subirait une perte de PIB de plus de 7 %, en raison notamment des dommages physiques et de la réaction des marchés financiers".

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