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Droits de douane : la Chine réplique à Donald Trump / Des biens énergétiques américains affectés
La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis est définitivement lancée. Déplorant que la première économie du monde affiche un déficit commercial de 279 milliards de dollars vis-à-vis de la Chine (un peu plus d’un quart du déficit commercial total de l’Oncle Sam), le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé une augmentation des droits de douane de 10 points sur les importations américaines de marchandises chinoises, décision qui entre en vigueur aujourd’hui, et l’Empire du Milieu a indiqué qu’il ne resterait pas les bras ballants.
Ainsi, il a déclaré qu’il appliquerait un droit de douane de 15 % sur le charbon et les produits à base de gaz naturel liquéfié (l’Australie, le Qatar et la Malaisie sont les principaux fournisseurs de la Chine), ainsi que de 10 % sur le pétrole brut (la Russie, l’Arabie Saoudite et l’Irak sont ses plus importants fournisseurs) les machines agricoles et les voitures à gros moteur importées des États-Unis. Ces droits de douane entreraient en vigueur lundi prochain.
"L’augmentation unilatérale des tarifs par les États-Unis viole gravement les règles de l’Organisation mondiale du commerce", a déclaré la commission des tarifs douaniers du Conseil d’État chinois. "Elle n’est pas seulement inutile pour résoudre ses propres problèmes, mais elle nuit également à la coopération économique et commerciale normale entre la Chine et les États-Unis", explique-t-il.
D’après les calculs de Capital Economics, les biens ciblés représentent, au maximum, une valeur annuelle d’environ 20 milliards de dollars – soit environ 12 % du total des importations chinoises en provenance des États-Unis. En comparaison, ce sont plus de 450 milliards de dollars de produits chinois qui sont touchés par la décision des États-Unis sur les droits de douane. "Il est également notable que tous les articles stratégiques essentiels que la Chine importe des États-Unis, tels que les puces haut de gamme, les équipements de semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques et les équipements aérospatiaux, n’ont pas été visés", fait remarquer Julian Evans-Pritchard, chef économiste de Capital Economics.
A noter que les autorités chinoises ont également annoncé des mesures non tarifaires. Une poignée de minéraux sont ajoutés à la liste des contrôles à l’exportation de la Chine. En outre, une enquête antitrust a été lancée contre Google tandis que deux entreprises américaines ont été ajoutées à la liste des "entités non fiables" de la Chine : Illumina et PVH (la société mère de marques telles que Calvin Klein et Tommy Hilfiger).
"Les dirigeants à Pékin espèrent vraisemblablement suivre l’exemple du Mexique et du Canada, en concluant un accord avec Trump qui inverserait la dernière hausse tarifaire (Xi devrait prochainement s’entretenir avec Trump)", parie Julian Evans-Pritchard. Donald Trump a suspendu pour un mois la hausse visant le Mexique et le Canada.
Reste que les griefs économiques et politiques sous-jacents entre la Chine et les États-Unis sont bien plus profonds que ceux entre les États-Unis et leurs voisins, ce qui rend une désescalade plus difficile, d’après l’économiste. "Le risque est que la riposte chinoise soit trop modeste pour exercer une pression réelle sur les États-Unis afin de faire annuler les tarifs, mais suffisamment provocante pour déclencher une nouvelle escalade des tensions commerciales avec les États-Unis", prévient-il.
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