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L’agriculture continue à être irriguée d’argent public / Un soutien qui s’est accentué depuis deux ans
La liste des instruments est longue. Des subventions aux intrants aux modifications des prix du marché, en passant par les paiements liés aux quantités produites. Voici que les pouvoirs publics ont très largement volé au secours du secteur agricole ces dernières années et cela ne plaît pas à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Celle-ci prévient qu’une part considérable du coût des politiques agricoles est finalement absorbée par les consommateurs, ceux-ci devant supporter des prix plus élevés des produits alimentaires. Une facture estimée à un coût net de 204 milliards de dollars par an sur la période 2023-2025, ce qui est supérieur aux aides accordées aux consommateurs.
Le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a pris la parole pour marteler le message qu’en matière de politique agricole « davantage de soutien ne va pas forcément de pair avec de meilleurs résultats. » Il explique que l’arbitrage à faire devrait plutôt être « d’investir dans l’innovation et les infrastructures pour permettre aux agriculteurs de produire plus avec moins, et nous devons les aider à se préparer au prochain choc, au lieu de nous contenter de les dédommager du dernier en date. »
Agir
Les solutions existent pourtant et près de 150 recommandations sont émises par l’institution. Celle-ci explique qu’il y a quatre priorités à mettre en œuvre en matière de politiques agricoles. En premier lieu, il est suggéré de délaisser les mesures qui « sont source de distorsions de la production, des prix et des échanges, tout en recourant davantage à des outils de gestion des risques et à des instruments axés sur la recherche de résultats précis. »
La suite de la liste va d’un renforcement des politiques de gestion des risques permettant de mieux affronter les chocs futurs, à un investissement conséquent dans l’innovation et la recherche ou encore les infrastructures afin de rendre la croissance durable. Le dernier point concerne l’adéquation entre les différentes politiques publiques et les objectifs de durabilité. Un point sur lequel il est considéré que des incitations supplémentaires seraient pertinentes.
Point mort
Toutes les craintes de l’OCDE ne concernent pas uniquement cette période de deux ans, certains des maux de l’agriculture sont en effet bien plus anciens, à commencer par le ralentissement de la croissance de la productivité agricole. Celle-ci étant passée de 1,8 % par an entre 1991 et 2000 à 0,8 % entre 2014 et 2023. Une évolution en partie imputée à l’investissement public, puisque celui affecté aux systèmes de connaissances et d’innovation agricoles n’a représenté que 0,5 % de la valeur de la production agricole au cours de la période allant de 2023 à 2025 là où il représentait 0,9 % entre 2000 et 2002.
Une évolution qui s’accompagne d’une divergence ces dernières années, puisque, dans les économies émergentes, les aides ont essentiellement pris la forme de mesures « maintenant les prix intérieurs des produits agricoles au-dessus des prix mondiaux, une forme de soutien qui isole le marché intérieur pour le protéger des chocs externes. » Cela a été loin d’être le cas dans les pays de l’OCDE, ces derniers empruntant la voie d’un soutien direct, et ce, tout particulièrement lors des situations de catastrophes naturelles.
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