Macro-économie / Taux / OCDE
Macro-économie / Taux
OCDE
Compétitivité : l’OCDE trace une feuille de route pour la France / Les leviers d’un sursaut économique
L’OCDE dévoile ses recettes pour doper la compétitivité de l’économie française. Dans son premier rapport sur la question, l’institution basée à Paris délivre ses conseils aux pays membres dont, évidemment, la France. Pour sortir d’une trajectoire de croissance atone, l’OCDE appelle à actionner plusieurs leviers simultanément.
Pour inverser la tendance, « une meilleure utilisation des talents s’impose », martèle le rapport, qui fait de la question des compétences le socle de toute stratégie de compétitivité. Dans ce cadre, l’organisation insiste sur la nécessité de renforcer les apprentissages fondamentaux dès l’école primaire et de corriger des inégalités sociales particulièrement marquées. Le système éducatif est pointé pour ses limites structurelles : il « ne développe pas suffisamment l’esprit critique et l’aptitude à prendre des décisions ».
L’OCDE recommande donc d’intensifier les politiques de soutien aux élèves défavorisés, mais aussi de revaloriser le métier d’enseignant afin d’enrayer les pénuries et d’améliorer la qualité de l’enseignement. Renforcer l’attractivité du métier d’enseignant passe notamment par une révision des rémunérations et un investissement accru dans la formation.
La question des compétences ne s’arrête pas à la formation initiale. L’OCDE alerte sur les lacunes persistantes en matière de formation tout au long de la vie et sur le retard numérique de la population active. Le « faible niveau de compétences en TIC des adultes » constitue un frein direct à la diffusion des innovations et à la modernisation du tissu productif. Pour y remédier, elle préconise de mieux orienter les dispositifs existants, notamment le compte personnel de formation, vers des formations certifiantes dans le numérique.
Sur le front de l’emploi, la priorité est clairement identifiée : les jeunes. « Les taux de chômage sont nettement plus élevés parmi les jeunes que parmi les adultes », rappelle le rapport, en particulier pour les moins qualifiés. Cette situation s’accompagne d’une forte précarité, avec une proportion importante de contrats courts. Pour y répondre, l’OCDE recommande de « mieux cibler les aides […] sur les jeunes les plus éloignés de l’emploi » et de renforcer leur accompagnement. Elle appelle également à améliorer le suivi des parcours professionnels et à alléger les contraintes administratives qui pèsent sur les services publics de l’emploi.
Du côté de l’innovation, malgré des dispositifs de soutien importants, « les entreprises sont moins nombreuses à déposer des brevets ou à innover que dans des pays comparables », pointe l’OCDE. Celle-ci invite donc à évaluer l’efficacité du soutien à son endroit et à repenser certains outils, comme le crédit d’impôt recherche, afin d’en maximiser l’impact.
La faiblesse des interactions entre recherche publique et secteur privé est également mise en avant. Le rapport insiste sur la nécessité de renforcer ces coopérations pour accélérer la diffusion des innovations. Par ailleurs, les restrictions entourant l’embauche de travailleurs étrangers qualifiés sont jugées contre-productives, car elles « exacerbent les pénuries de compétences ». Leur assouplissement apparaît comme un levier rapide pour soutenir la compétitivité.
Le retard numérique des entreprises françaises constitue un autre motif d’inquiétude. L’adoption encore limitée des technologies, notamment des services infonuagiques, s’explique en partie par des coûts élevés et un manque de compétences. L’OCDE recommande donc de faciliter l’accès au haut débit et d’en améliorer la lisibilité tarifaire, afin d’encourager les entreprises à franchir le pas.
La compétitivité passe aussi par une intensification de la concurrence. Si la réglementation française est jugée globalement favorable, « des obstacles à l’entrée dans le secteur des services professionnels […] subsistent ». Ces barrières freinent la dynamique entrepreneuriale et limitent les gains de productivité. L’OCDE préconise ainsi d’assouplir les conditions d’accès à certaines professions réglementées et de simplifier les règles qui encadrent l’activité économique.
Les procédures administratives sont également dans le viseur. Jugées encore trop lourdes, elles constituent un frein à la croissance des entreprises et à leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales. L’organisation recommande d’accélérer leur automatisation et de faciliter les transactions électroniques.
Enfin, la fiscalité apparaît comme l’un des chantiers les plus sensibles - et les plus déterminants. Le système français « repose en grande partie sur les prélèvements fiscaux sur le travail, qui peuvent avoir un effet dissuasif sur l’emploi ». Ce poids élevé réduit les incitations à embaucher et à travailler, tout en pesant sur la compétitivité des entreprises. L’OCDE plaide donc pour un « allègement des prélèvements fiscaux sur le travail », à condition de rééquilibrer les recettes publiques vers des impôts à assiette plus large, notamment la fiscalité indirecte et environnementale.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

