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Les banques US, nouvelles cibles préférées des activistes
Pour une fois, c’est un activiste satisfait et optimiste qui a pris pied dans une grande banque américaine. ValueAct, le fonds géré par Jeff Uben, a annoncé avoir investi 1,2 milliard de dollars dans Citigroup, ce qui lui arroge 0,7% du capital. Mais loin de critiquer le plan stratégique en place ou de s’emporter contre la mauvaise gestion des dirigeants, il a plutôt mis en évidence les qualités intrinsèques de la banque, qui l’ont incité à entrer au capital. Ainsi, « le système bancaire américain a un profil de risque structurellement plus faible qu’à n’importe quel moment dans nos périodes d’investissement », estime le fonds, qui attribue cela à la baisse du recours au leverage et à la meilleure qualité des actifs détenus par les banques, dans un contexte de réglementation post-crise financière.
Selon lui, les banques américaines sont donc revenues à leur cœur de métier : «sauvegarder des actifs, donner accès au cash déposé à la demande, prêter, procéder aux paiements et accéder aux marchés de capitaux pour le compte de leurs clients ». A cet égard, sous la houlette de Michael Corbat, Citigroup a lui aussi largement fait le ménage dans ses activités, s’est retiré de marchés étrangers, a réduit ses actifs de 800 milliards de dollars et a réussi à passer le couperet des stress tests de la Fed, après deux échecs en 2012 et 2014. Mais ses efforts ont été nettement moins récompensés que ses pairs au plan boursier : le titre a ainsi grimpé de 45% en cinq ans, alors que ceux de JP Morgan, Goldman Sachs et Bank of America ont doublé sur cette période.
ValueAct, qui a aussi des parts dans Morgan Stanley et KKR, n’est pour autant pas totalement dormant : s’il n’appelle pas à des changements majeurs, il suggère que la banque pourrait augmenter son plan de distribution aux actionnaires de 40 à 50 milliards de dollars, mais ne réclame pas (encore) de siège au board. Pourtant, depuis son pari réussi sur Morgan Stanley en 2016 - qui a misé sur la gestion de fortune et a vu son cours plus que doubler depuis lors – l’investisseur a des vues très optimistes sur l’avenir du secteur financier.
Il juge ainsi que les banques doivent se concentrer sur leurs métiers cœur de prêts, approfondir les relations clients en abondant massivement dans la technologie et se focaliser sur un rendement pérenne du capital pour ses actionnaires. Mais aussi qu’elles offrent un point d’entrée, comme les entreprises tech après la crise de la bulle Internet ou encore les groupes pharmaceutiques avant les grandes expirations de brevets. Et en particulier, Citi a tiré avantage de sa position pour devenir un interlocuteur incontournable des grands corporates, qui lui donnera un avantage compétitif et tirera le titre à moyen terme.
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