Professions financières / Corporate finance / Private equity
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Corporate finance / Private equity
Le capital investissement mondial regorge d’argent
Comme chaque année, Goldman Sachs a fait le tour du marché du capital investissement dans le monde avec un focus sur l'Europe. Et le constat est clair : les fonds de capital investissement évoluent dans un environnement nouveau auquel ils doivent s’adapter. Du coté de la concurrence d’abord. Les fonds de LBO doivent faire face à l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs, comme les fonds d’infrastructure, qui se positionnent sur des opérations pouvant s’apparenter à un LBO. L’exemple le plus représentatif est celui du belge TCR, qui a été racheté par 3i Infrastructure et l’activité infra de Deutsche Bank en mai dernier pour 650 millions d’euros. Conséquences de cette nouvelle concurrence, une envolée des multiples, l’opération TCR ayant été négociée à environ 11 fois l’ebitda ! Une valorisation qui dépasse largement les 9,7 fois l’ebitda constatée en moyenne sur le marché européen depuis le début de l’année par les équipes de Goldman Sachs. Un niveau équivalent à celui de 2007, mais avec une répartition entre dette et capital plus équilibrée (4,9 fois l’ebidta pour les deux) qu’en 2007 où la dette s’élevait à 6,3 fois l’ebitda.
Ces niveaux de valorisation élevés sont la conséquence de beaucoup d’argent pour peu d’opportunités sur les marchés. Par ailleurs, les investisseurs ont du mal à déployer leurs fonds dans des actifs rentables, les opportunités restant rares même dans le crédit. L’argent continue donc à couler à flot dans le capital investissement, le tout dans un environnement de taux bas qui permet aux fonds de s’endetter pour peu cher. Ils peuvent donc se permettre de moins mettre en capital sur la table. La dette vient donc soutenir les prix à la hausse.
D’un point de vue deal flow, les opérations primaires continuent à dominer le marché avec 56% des opérations sur l’année. Ainsi Morpho vendu par Safran et racheté par Advent ou encore Atotech cédé par Total et acquis par Carlyle montrent que les entreprises continuent à vendre sur le marché certaines activités considérées comme rentables par les fonds de LBO. Ces derniers continuent aussi à réaliser bon nombre d’opérations secondaires, ces dernières représentant 38% des volumes traités. L’exemple d’Eurazeo et Bridgepoint cédant Foncia à Partners Group est assez représentatif, ce nouvel entrant ayant racheté un actif déjà bien rodé aux méthodes des LBO.
La vente entre fonds de LBO reste donc l’une des manières de sortir pour les acteurs du capital investissement mais les fenêtres en Bourse continuent à s’ouvrir, en Europe notamment avec l’IPO de Maison du Monde en mai dernier ou encore Alain Afflelou qui a annoncé son IPO prochaine. Mais les industriels sont aussi là, notamment dans les pays émergents. Les Chinois sont donc très actifs sur le marché, se permettant souvent de contourner les enchères et préemptant des opérations directement, dès lors qu’elle est stratégique pour eux. Cela a été le cas du rachat de Louvre Hotels par Jin Jiang en 2015 ou plus récemment la vente par Oaktree de SGD Pharma à JIC.
Enfin, plusieurs éléments pourraient venir mettre un grain de sable dans cette machine bien huilée. D’une part, les événements macroéconomiques de ces prochains mois, les banques centrales ayant elles aussi de grandes échéances décisionnelles. Par ailleurs, les échéances politiques notamment aux Etats-Unis pourraient aussi venir perturber le marché. Mais la véritable crainte, au niveau européen, des fonds d’investissement, reste celui d’une réglementation qui pourrait les obliger, comme les banques à devoir prendre des mesures contraignantes sur leur capital et leur levées de fonds, et ce même si pour l’heure, aucun texte n’est a priori dans les tuyaux à Bruxelles.
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