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Sofinnova, l'exception du venture français
En 2009, le fonds de capital-risque a bouclé trois sorties record, et une des premières IPO en Europe. Un modèle à succès, et l'exception qui confirme la règle.
Alors que 2009 aura été un année noire pour nombre d'acteurs du private equity, quelques rares élites font figure d'exception. C'est le cas de Sofinnova Partners, le spécialiste français du capital-risque, un segment si souvent décrié pour son manque de rentabilité. Le fonds vient de boucler un millésime record, avec trois sorties d'envergure et une introduction en Bourse à Bruxelles.
Dès le début d'année, en plein marasme financier, l'investisseur touchait un chèque de 700 millions de dollars en vendant CoreValve à l'américain Medtronic. Début octobre, c'est au tour d'un français de craquer pour une autre pépite du portefeuille: Sanofi-Aventis rachète Fovea Pharmaceuticals pour 370 millions d'euros. Jackpot pour l'investisseur, qui engrange plus de six fois sa mise. Enfin, Sofinnova a clos cette année atypique en fanfare, en annonçant à la veille de Noël la cession de Novexel au groupe anglais coté AstraZeneca, pour 505 millions de dollars.
Si ces dénouements sont exceptionnels dans le venture, d'aucuns constatent que deux start-up prometteuses de l'Hexagone sont une fois de plus passées dans le giron d'américains. Ce schéma est en réalité structurel, une jeune pousse française ne pouvant acquérir la taille de ses concurrents en raison même de la taille du marché. La France représente un terreau de 60 millions d'âmes, contre plusieurs centaines de millions aux Etats-Unis. Et l'Europe, malgré ses velléités d'harmonisation, n'est pas prête de combler ce fossé.
L'autre alternative pour une société qui veut garder son passeport est de se coter en Bourse. Sofinnova a aussi su profiter de la fenêtre de tir de cette fin d'année, et réussi une des premières IPO européennes depuis le début de la crise. Début décembre, le groupe biopharma Movetis a levé 97 millions d'euros en entrant à la Bourse de Bruxelles. Une performance qui donne des idées à ses confrères, privés de sortie depuis 18 mois et bientôt tenus de rendre l'argent à leurs mécènes.
Mais à l'avenir cet argent sera de plus en plus difficile à trouver. Car fort de ses success stories, Sofinnova est le contre-exemple d'un métier soumis avant tout au risque. Devant la difficulté d'obtenir des TRI attractifs - surtout depuis l'éclatement de la bulle en 2000 -, les Limited Partners traditionnels se désintéressent de plus en plus de cette classe d'actifs. Pour preuve, le jeune premier Sofinnova vient de boucler un fonds de 260 millions d'euros, alors qu'il en avait levé 385 millions en 2005. Ainsi, sans davantage d'actions gouvernementales, les start-up françaises risquent d'être encore longtemps la proie des géants américains.
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