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Les banques européennes continuent à inquiéter

Les places européennes reculent après avoir démarré la journée en hausse. Les banques, malgré de bons résultats aux stress tests, continuent à tirer les indices vers le bas, en France mais aussi en Italie comme en Allemagne.
Bourse de Paris - Palais Brongniart
Bourse de Paris - Palais Brongniart

Les stress test de vendredi n’auront pas suffi à rassurer les marchés sur la santé des banques. Alors que Paris ouvrait en hausse ce matin, en milieu d’après-midi l’indice CAC 40 cédait 0,81% à 4403,63 points. Les banques sont les plus malmenées sur l’ensemble de ces marchés. A Paris, Société Générale perd 3,88% à 29,38 euros, BNP Paribas baissait de 1,18% à 43,83 euros et Crédit Agricole s’affichait à -1,35% à 7,81 euros. Pour Philippe Cohen, gérant chez Barclays Bourse, « les stress tests ont confirmé une nouvelle fois la robustesse des banques françaises », mais Goldman Sachs relève que Société Générale, qui a affiché le plus faible ratio de fonds propres durs des trois banques françaises testées, avait moins de leviers que BNP Paribas pour renforcer ses fonds propres. Vient s’ajouter à cela, de mauvais indicateurs macro-économiques au Royaume-Uni, et le marché s'affole. En effet, l'indice PMI définitif publié ce matin a été plus faible que celui dévoilé fin juillet lors de la première estimation.

Mais c’est du coté des banques italiennes que les dégâts sont les plus importants. Le secteur bancaire italien, sous pression depuis plusieurs mois à cause d’un volume de créances douteuses important (360 milliards d’euros) souffre encore cet après-midi. L’indice milanais perdait à 15h 0,83%, entraîné par toutes les banques, à commencer par Unicredit qui perdait à cette heure là, 7,02% à 2,03 euros. Pourtant la journée avait bien démarré pour le titre qui gagnait 3,5% à l’ouverture. Mais même si la banque a passé le test, son ratio dur en capital n’était que de 7,1% dans le scénario négatif des stress test contre une moyenne de 9,2% pour l’ensemble du continent. Toutes les autres banques italiennes s’affichaient en baisse sauf BMPS (Monte Paschi), la seule banque italienne qui n’a pas réussi le test, qui gagnait 3,93% sur la journée à 0,32 euro. La banque de Sienne avait anticipé. Juste avant la publication des résultats des stress test de vendredi soir, elle a annoncé une injection de 5 milliards d’euros en capital, et une solution pour ses 50 milliards d’euros de créances douteuses. En Allemagne, Deutsche Bank et Commerzbank (qui publie ses résultats semestriels demain), tirent vers le bas, le Dax qui s’affiche lui aussi en baisse de 0,29%

Vendredi soir, l’Autorité Bancaire Européenne (EBA)) publiait le résultat de ses stress test. Sans avoir d'échelle de notes, les 51 banques européennes étaient confrontées à des scénarios de stress plus ou moins importants. Le but ? Voir si les banques pourraient résister, en matière de fonds propres, à des événements de marché plus ou moins violents. Au final, les ratio de fonds propres « durs » (principale mesure de solvabilité des banques) atteignaient en moyenne 13,2 % à fin 2015, un niveau nettement plus élevé qu'en 2014, lors des tests précédents. A priori une bonne nouvelle même si Andrea Enria, directeur de l’EBA tempérait ces résultats, soulignant que « bien que nous reconnaissions les augmentations de capital considérables réalisées jusqu'à présent, [ce stress test] ne constitue pas un certificat de bonne santé ». Au final, les cinq plus mauvais résultats ont été enregistrés par la banque italienne Monte dei Paschi, l'autrichienne Raiffeisen, l'espagnole Banco Popular et les irlandaises Allied Irish et Bank of Ireland. Mais ce sont 14 banques européennes sur 51, dont évidemment Banca Monte dei Paschi di Siena mais aussi Deutsche Bank, Commerzbank ou encore la britannique Royal Bank of Scotland qui « connaîtraient des difficultés importantes », a relevé le courtier Aurel BGC.

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