WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / umg / universal music group / Bolloré / Vivendi / Apollo / Blackstone / TPG

Entreprises / Actions
umg / universal music group / Bolloré / Vivendi / Apollo / Blackstone / TPG

Universal Music, la tentation du non-coté / Apollo, Blackstone et TPG ont été sondés

Universal Music Group a exploré l’hypothèse d’un retrait de Bourse, quelques mois après la proposition de rapprochement présentée par Bill Ackman. Deux pistes différentes pour répondre à une même interrogation sur la valorisation du numéro un mondial de la musique.
27/10/2026 - 14:00
(Photo by Marcin Golba / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
(Photo by Marcin Golba / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Cinq ans après son arrivée à la Bourse d’Amsterdam, Universal Music Group a envisagé d’en sortir. Selon des informations révélées lundi soir par Bloomberg, la direction du numéro un mondial de la musique enregistrée a mené, plus tôt cette année, des discussions préliminaires avec plusieurs géants du capital-investissement, dont Apollo, Blackstone et TPG, autour d’un éventuel retrait de la cote. Le conseil d’administration en était informé. Mais ces échanges n’ont pas eu de suite et aucun processus de vente n’a été engagé, précise l’agence, à laquelle ni UMG ni les fonds concernés n’ont souhaité faire de commentaire.

Que la maison de disques de Taylor Swift et de Kendrick Lamar ait envisagé cette possibilité tient notamment à sa trajectoire boursière. Son action a perdu environ 27 % depuis janvier, ramenant sa capitalisation à 29 milliards d’euros, et se négocie désormais sous son prix d’introduction de septembre 2021. Une désaffection qui n’est toutefois pas sans fondement. Les investisseurs s’inquiètent de la concurrence croissante des distributeurs indépendants, du ralentissement du streaming aux États-Unis et en Europe de l’Ouest et, surtout, de l’afflux de morceaux générés par l’intelligence artificielle, susceptible de diluer la part d’écoute des grands labels. Pour autant, comme le relève Bloomberg, les catalogues musicaux se négocient sur le marché privé à des multiples de valorisation bien supérieurs à ceux des maisons de disques cotées comme UMG et Warner Music. Un écart de valorisation à même d’aiguiser l’appétit des fonds. Mardi, le titre UMG a bondi de 6 % à l’ouverture avant de réduire ses gains. Il progressait d’un peu plus de 3 %, à 16,32 euros, en début d’après-midi.


Le verrou Bolloré


Reste que toute opération de ce type devra obtenir l’aval de la famille Bolloré, dont l’influence s’étend à plus de 30 % du capital, en additionnant les 18,4 % détenus directement par le groupe Bolloré et la participation de Vivendi. Le printemps l’a montré. En avril, le milliardaire américain Bill Ackman, fondateur du fonds Pershing Square, avait proposé de fusionner UMG avec une nouvelle société créée pour l’occasion et de transférer sa cotation à New York, pour une valorisation affichée de 55,8 milliards d’euros, soit 30,40 euros par action. Mais ce montant reposait largement sur les hypothèses de valorisation de Pershing Square : chaque actionnaire devait recevoir 5,05 euros en espèces et 0,77 action de la nouvelle société, dont la valeur future n’était pas garantie. Surtout, sur les 9,4 milliards d’euros de numéraire prévus, Pershing Square ne devait apporter que 2,5 milliards, le reste provenant principalement d’un nouvel endettement d’UMG et de la vente de sa participation dans Spotify. Ackman comptait ainsi financer l’essentiel du paiement en espèces avec les ressources de l’entreprise elle-même. « Il ne fait pas une offre avec son propre argent. C’est notre argent, l’argent de l’entreprise », avait dénoncé Cyrille Bolloré lors de l’assemblée générale du groupe, le 27 mai, selon Reuters. Deux jours plus tard, le conseil d’UMG rejetait la proposition à l’unanimité.

Cyrille Bolloré avait toutefois ouvert la porte, lors de cette même assemblée générale, à la cession de quelques points de pourcentage du capital d’UMG, à condition que son cours de Bourse remonte vers 27 à 28 euros. « Peut-être vendrons-nous quelques pourcents un jour. Nous verrons. Mais nous ne pouvons pas vendre trop tôt », avait-il ajouté, rappelle Bloomberg. Rapporté à l’ensemble du capital, ce niveau correspond à une valorisation d’environ 50 milliards d’euros, soit quelque 70 % de plus que la capitalisation actuelle. Une ouverture mesurée de la part d’une famille qui considère UMG comme l’un de ses meilleurs investissements. Le géant chinois de l’Internet Tencent, qui détient plus de 11 % du capital, n’a pas davantage manifesté l’intention de sortir.


Du cash, mais à quel prix


Sur le papier, un rachat par des fonds pourrait lever une partie des objections adressées à Bill Ackman. Les opérations de retrait de Bourse menées par les fonds de capital-investissement sont généralement rémunérées intégralement ou très largement en numéraire, ce qui offrirait aux actionnaires d’UMG une plus grande certitude sur leur prix de sortie que le montage de Pershing Square. Mais les fonds devraient alors financer une transaction de plusieurs dizaines de milliards d’euros, tout en préservant leurs perspectives de rendement. Un recours important à l’endettement pourrait faciliter l’opération, au risque de raviver les critiques formulées par Bolloré à l’encontre du projet de Bill Ackman.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article