WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Bolloré / Vivendi / umg / Cyrille Bolloré

Entreprises / Actions
Bolloré / Vivendi / umg / Cyrille Bolloré

Bolloré reconstitue sa puissance de feu / Les « poulies bretonnes » redistribuent les milliards

La mécanique des « poulies bretonnes » va faire revenir près de 2 milliards d’euros vers Bolloré dans les prochaines semaines. Une circulation de cash qui redonne au groupe de la marge de manœuvre, sans qu’il ait encore dévoilé l’usage qu’il compte en faire.
Cyrille Bolloré, le directeur général de Bolloré. (Photo by FRED TANNEAU / AFP)
Cyrille Bolloré, le directeur général de Bolloré. (Photo by FRED TANNEAU / AFP)

Trois mois après avoir distribué plus de 4 milliards d'euros à ses actionnaires, Bolloré s'apprête à en récupérer près de la moitié. C'est l'une des singularités de la fameuse architecture en « poulies bretonnes » de la galaxie Bolloré : une cascade de holdings et de participations croisées qui permet ici au cash de remonter d'un étage à l'autre avant de revenir en partie vers Bolloré. Le dividende exceptionnel de 1,5 euro par action versé le 25 juin a fait fondre la trésorerie nette de Bolloré SE, passée de 5,6 milliards d'euros fin 2025 à 1,45 milliard au 30 juin. Premier actionnaire avec près des trois quarts du capital, la Compagnie de l'Odet en a encaissé 3,1 milliards. Son conseil a décidé mercredi d'en reverser 2,5 milliards sous forme d'acompte, payé le 29 septembre. Les holdings qui la contrôlent, Sofibol, Financière V et Omnium Bolloré, redistribueront à leur tour l'essentiel de ce qu'elles recevront. Comme ces sociétés sont elles-mêmes en partie détenues par Bolloré et ses filiales, l'argent redescend vers son point de départ : « environ 2 milliards d'euros » leur reviendront au total, indique l'Odet.


Les mouvements de cash vont s’enchaîner


Un scénario que l'on pouvait déjà anticiper en grande partie, même si les derniers détails restaient à préciser. Le groupe avait indiqué qu'entre 2 et 2,5 milliards d'euros seraient redistribués par l'Odet, qui a finalement retenu le haut de cette fourchette. Compagnie du Cambodge, Financière Moncey et la Société industrielle et financière de l'Artois se prononcent le 18 septembre sur des acomptes totalisant plus de 1,2 milliard, et l'ensemble des filiales auront versé leurs dividendes d'ici au 8 octobre. « Tous les mouvements de cash seront finalisés en 2026 », résument les analystes d'Oddo BHF.

Pendant que les milliards circulent dans la structure, les résultats opérationnels restent relativement sans surprise. Le chiffre d'affaires progresse de 8 % en organique, à 1,64 milliard d'euros, porté par Bolloré Energy, qui profite de la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient. Le résultat opérationnel ajusté recule pourtant à 104 millions, contre 123 millions un an plus tôt : la distribution pétrolière porte sa contribution à 47 millions, mais les médias mis en équivalence rapportent moins, Canal+ en tête, tandis que les holdings sont davantage déficitaires, notamment sous l'effet de la baisse des revenus immobiliers. Dans l'industrie, la perte se réduit à 42 millions d'euros, contre 52 millions un an plus tôt. Mais, indique Oddo BHF, le management a précisé lors de la conférence d'analystes que le plan de sauvegarde n'avait pas encore été provisionné.


Vivendi reste dans l’équation


Reste à savoir à quoi servira la trésorerie reconstituée. « Cela serait très largement suffisant pour envisager des acquisitions ou une offre publique volontaire sur Vivendi », écrivait Oddo BHF début septembre, en situant une éventuelle opération en 2027. Le scénario a changé de nature. La décision de la cour d'appel du 8 juillet a écarté, à ce stade, la perspective d'une offre obligatoire imposée à Bolloré à l'issue de la procédure engagée par CIAM, et le pourvoi en cassation n'est plus considéré par le management comme un facteur bloquant. Pour autant, une offre sur Vivendi n'a pas disparu des radars : Oddo estime même qu'une opération volontaire pourrait avoir davantage d'intérêt aujourd'hui qu'il y a quelques mois, notamment parce que la baisse d'UMG a fortement pesé sur la valorisation de Vivendi. Rien ne permet toutefois de dire que Bolloré ait décidé de passer à l'acte : le groupe a même cédé 10 millions d'actions Vivendi depuis janvier et, mercredi soir devant les analystes, Cyrille Bolloré n'a « apporté d'élément nouveau » sur l'utilisation du cash, relève Oddo BHF.


La pièce maîtresse UMG


Il reste qu'UMG joue un rôle central. Première contributrice au résultat opérationnel, avec 112 millions, la maison de disques fait aussi plonger la valeur du portefeuille coté, revenu de 9,2 milliards au 30 juin à 7,9 milliards au 14 septembre, « reflétant la forte baisse du cours d'UMG ». Cyrille Bolloré n'exclut pas de revenir à son conseil d'administration. Quant au pacte d'actionnaires avec Tencent, qui expire le 21 septembre, il pourrait ne pas être renouvelé, sans impact stratégique important selon le management, notamment parce que l'influence de Bolloré au sein d'UMG reste importante et que la politique de dividende du groupe de musique est désormais stable.

Parallèlement, la structure capitalistique continue de se resserrer. L'Odet a acheté depuis janvier 89 millions d'actions Bolloré pour 409 millions d'euros, soit 3,2 % du capital, dont 15 millions de titres rachetés à des filiales de Bolloré SE « dans le cadre de la simplification des structures du Groupe ». Sa participation atteignait environ 74,2 % fin août, selon Oddo BHF, contre 64 % fin 2019.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article