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Un an après la scission, Vivendi cherche son équilibre / Universal Music Group demeure un soutien clé

Un an après la profonde transformation de son périmètre, Vivendi publie ses premiers résultats dans sa nouvelle configuration. Le groupe repasse dans le vert et poursuit son désendettement, mais son modèle de holding reste largement tributaire de la contribution d’Universal Music Group.
Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi (Photo by Laurent Le Crabe / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi (Photo by Laurent Le Crabe / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Vivendi a bouclé sa première année dans sa nouvelle configuration. Les résultats publiés jeudi soir constituent le premier exercice complet depuis la scission intervenue en décembre 2024, qui a vu Canal+, Havas, et Louis Hachette Group prendre leur autonomie. D’autres évolutions de périmètre sont ensuite intervenues au cours de l’année. Vivendi a réduit sa participation dans Telecom Italia (TIM) de plus de 20 % à environ 2,5 %, avant d’annoncer en mars 2025 la cession de l’essentiel de sa part restante à Poste Italiane. Le groupe a également cédé ses participations dans l’opérateur espagnol Telefónica.

« Au cours des douze derniers mois, le groupe a recentré son portefeuille d’activités sur les contenus, les médias et le divertissement, après la cession de ses actifs télécoms en Italie et en Espagne », a ainsi rappelé Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire, en présentant les comptes.

Une transformation dont la traduction financière, à ce stade, ne convainc pas encore totalement les investisseurs. Vendredi, l’action Vivendi reculait de près de 3 % dans l’après-midi, à 1,926 euro.

 

Un retour dans le vert porté par la réduction des coûts

 

Sur le papier, l’exercice marque pourtant un retour à l’équilibre. Dans la configuration désormais fortement réduite du groupe après la scission de 2024, le chiffre d’affaires atteint 307 millions d’euros, en progression de 4,3 % à taux de change et périmètre constants. Le résultat opérationnel ajusté (Ebita) repasse dans le vert à 45 millions d’euros, contre une perte d’un million un an plus tôt. Le résultat net part du groupe ressort à 20 millions d’euros.

Cette amélioration tient notamment à la compression des frais de siège. Ceux-ci sont passés de 126 à 99 millions d’euros, soit 27 millions d’économies en un an, et la direction entend poursuivre cet effort. Le groupe a engagé début 2026 une procédure de rupture conventionnelle collective qui devrait permettre, « entre 2025 et 2027, une fois le plan achevé, une réduction d’environ 20 % de nos coûts existants », a indiqué le directeur financier François Laroze.

 

Gameloft, dernier moteur opérationnel du groupe

 

Autre point mis en avant : le désendettement. La dette financière nette a été ramenée de 2,6 milliards d'euros fin 2024 à 1,5 milliard fin 2025, grâce principalement aux cessions de TIM et Telefónica, qui ont généré 1,4 milliard de désinvestissements. Les dividendes encaissés sur le portefeuille de participations ont également contribué à l'équilibre du bilan : 158 millions d'euros perçus en 2025, dont 95 millions provenant d'Universal Music Group (UMG).

Dans cet ensemble désormais dominé par des participations financières, Gameloft reste le seul véritable moteur opérationnel. L’éditeur de jeux vidéo a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 303 millions d’euros, en croissance de 4,2 % à périmètre et taux de change constants, et a vu son Ebita presque doubler pour atteindre 15 millions d’euros.

La direction insiste sur la transformation menée ces dernières années pour redresser l’activité. « Gameloft a poursuivi sa dynamique solide, portée par la transformation réussie engagée ces dernières années, malgré un environnement difficile pour l’industrie du jeu vidéo », affirme Arnaud de Puyfontaine.

Pour le management, cette amélioration tient à la refonte du modèle industriel du studio. « Il y a eu une véritable redéfinition de l’organisation managériale et de la structure de coûts, en se concentrant sur les titres majeurs capables de faire la différence, nos blockbusters, et en arrêtant les activités qui n’apportaient pas les résultats attendus », explique le dirigeant, évoquant également la transformation de l’éditeur « d’un modèle centré sur les jeux mobiles vers une activité multiplateforme ».

Ce qui n’a pas empêché l’Ebita du groupe au second semestre de se contracter de 20 à 7 millions d'euros, « bien en deçà du consensus de 8,8 millions. », note pour sa part le cabinet de recherche indépendant AlphaValue.

 

Plusieurs pistes à l’étude pour la suite

 

Plus largement, le profil financier du nouveau Vivendi laisse apparaître certaines fragilités. Si le groupe est redevenu bénéficiaire, l’équilibre reste largement tributaire de sa participation dans Universal Music Group mise en équivalence : sans cette contribution, le résultat opérationnel ajusté serait resté dans le rouge. La rentabilité intrinsèque de la holding dépend donc d’une participation qu’elle ne contrôle pas et dont la valeur boursière s’est érodée. Le directeur financier a rappelé que la baisse du cours d’UMG avait déjà amputé la valeur du portefeuille de 453 millions d’euros en 2025. Depuis la clôture, le recul du titre - passé d’environ 22 euros à près de 18 euros - représente près de 700 millions d’euros supplémentaires pour la participation. « À ce niveau de prix, et comparé aux objectifs de cours des principaux analystes, nous sommes loin de la vraie valeur du business », plaide toutefois Arnaud de Puyfontaine.

Dans cette configuration, Vivendi assume désormais explicitement un rôle d'investisseur plutôt que d’opérateur industriel. Interrogé sur la stratégie d'allocation du capital, Arnaud de Puyfontaine a fixé la feuille de route : « Les produits des cessions seront utilisés pour trois objectifs : premièrement, les dividendes versés aux actionnaires ; deuxièmement, la réduction de notre niveau de dette ; le solde sera alloué à des situations et des entreprises qui feront partie de notre prochaine equity story. »

Le groupe examine ainsi le calendrier de cessions éventuelles de ses participations cotées et travaille en parallèle sur plusieurs scénarios d’investissement dans les contenus et le divertissement. Parmi les pistes étudiées figure notamment un projet de rachat du pôle luxe de Prisma Media, qui pourrait intervenir d’ici la fin du premier semestre 2026.

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