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Le capital-investissement français sort de l'impasse, non sans pertes / Les industriels relancent les cessions

Le marché français des cessions retrouve un peu de fluidité, sans renouer avec ses volumes historiques. L’étude semestrielle de France Invest et Grant Thornton fait aussi apparaître une forte hausse des participations comptabilisées en pertes. 
Après plusieurs semestres difficiles, les cessions à des industriels sont reparties dans le capital-investissement français.
Après plusieurs semestres difficiles, les cessions à des industriels sont reparties dans le capital-investissement français.

En six mois, les fonds de capital-investissement français ont cédé 131 entreprises à des industriels, soit déjà 70 % du total de l’année 2025. C’est l’un des enseignements de l’étude semestrielle d’activité publiée mardi par France Invest, l’association des professionnels du secteur, en partenariat avec Grant Thornton. Établie à partir des déclarations de 354 de ses membres, soit un taux de couverture de 93 %, elle montre que ces cessions industrielles ont représenté 1,68 milliard d’euros au coût historique au premier semestre 2026, contre 936 millions un an plus tôt. « Les cessions industrielles retrouvent leur niveau historique après plusieurs semestres de baisse », relèvent ses auteurs. Ce retour rouvre une porte de sortie à un secteur qui avait enregistré en 2025 son plus faible nombre de cessions depuis 2015.

Les fonds sont ainsi davantage parvenus à solder leurs lignes. Hors infrastructure, 424 entreprises ont fait l’objet d’une cession définitive, contre 336 au premier semestre 2025, tandis que les cessions partielles ont reculé de 255 à 181. Ces sorties ont porté sur des participations conservées longtemps : la durée moyenne de détention des entreprises cédées définitivement, publiée pour la première fois, a atteint sept ans, contre 6,7 ans pour les cessions de 2025 et 6,1 ans pour celles de 2022. Un allongement qui reflète la difficulté qu’ont eue les fonds à céder leurs participations ces dernières années.


L’envers du rebond


Mais derrière cette reprise des cessions, le bilan apparaît plus contrasté. « Les comptabilisations en pertes sont en hausse et touchent l’ensemble des segments », note l’étude. Elles ont concerné 123 entreprises, représentant 966 millions d’euros d’investissements au coût historique, contre 68 entreprises et 349 millions un an plus tôt. En six mois, ces montants ont déjà dépassé les 755 millions enregistrés sur l’ensemble de l’année 2025. Aucune introduction en Bourse n’a par ailleurs été réalisée sur la période.

Le rebond global reste en outre à relativiser. Tous segments confondus, les cessions ont progressé de 24 %, à 6,1 milliards d’euros, mais l’infrastructure explique l’essentiel de cette hausse, avec 1,3 milliard contre 0,3 milliard un an plus tôt. Le capital-investissement traditionnel a cédé 598 entreprises, un chiffre inférieur à la moyenne des premiers semestres 2021 à 2025 (662). « Le marché reste en deçà des niveaux espérés », reconnaissent France Invest et Grant Thornton. Mesurés au coût historique, ces montants ne disent rien, de plus, des prix de vente obtenus.


L'argent neuf se fait attendre


Ce déblocage partiel ne s’est pas encore transmis à la collecte. Les fonds de capital-investissement hors infrastructure ont levé 10,2 milliards d’euros, en baisse de 30 %. Le reflux des fonds de continuation, tombés de 3,3 milliards à 0,7 milliard, n’explique pas tout : sans eux, le recul atteint encore 15 %. Les fonds de fonds, restés le premier souscripteur, ont réduit leurs engagements de 56 %, quand les assureurs et mutuelles ont augmenté les leurs de 73 %. À l’inverse, la collecte des fonds d’infrastructure a progressé, à 6,6 milliards contre 3,5 milliards, portée par deux levées d’envergure, ce qui a limité à 7 % la baisse de la collecte totale, à 16,8 milliards.

Les investissements ont témoigné de la même prudence. Hors infrastructure, les fonds ont engagé 10,6 milliards d’euros, contre 10,4 milliards un an plus tôt, mais dans 1 264 entreprises au lieu de 1 422. Les tickets compris entre 15 et 50 millions ont progressé jusqu’à peser 28 % des montants, tandis que l’activité a ralenti sur les opérations de moins de 5 millions. « Les difficultés politiques, géopolitiques et économiques pèsent sur les décisions d’investissements », souligne l’étude, qui attribue le recul de 8 % des montants totaux, à 14,4 milliards, à la baisse des grandes opérations d’infrastructure.

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