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Le private equity français garde le cap malgré les vents contraires / France Invest dresse le bilan du premier semestre
Le capital-investissement français traverse 2025 sans véritable inflexion mais sans faiblesse non plus. L’étude semestrielle de France Invest et Grant Thornton confirme la résistance d’un marché qui avance à contre-courant des incertitudes économiques. Sans véritable rebond mais sans fléchissement, l’industrie continue de financer la croissance et la transition, tout en affrontant un marché des cessions toujours poussif.
Au premier semestre 2025, les fonds français ont levé 17,4 milliards d’euros, un montant quasi stable par rapport aux moyennes 2023-2024 (– 6 %), tandis que 14,7 milliards ont été investis dans 1 476 entreprises et projets d’infrastructure (– 5 %), révèle la 40e édition de ce rapport dévoilée jeudi soir. Les cessions demeurent plus faibles, à 4,8 milliards (– 2 %). Autant de chiffres qui traduisent une activité soutenue malgré un environnement de taux et de marchés toujours peu lisible. "Ce premier semestre confirme la solidité de notre industrie. Malgré l’environnement incertain, le capital-investissement continue de financer des milliers d’entreprises françaises, contribuant à l’innovation, à la création d’emploi et à la transition énergétique", souligne Sophie Paturle, présidente de France Invest.
Un marché à deux vitesses
Derrière cette stabilité apparente, se dessine un phénomène de polarisation qui confirme une tendance tout aussi visible à l’échelle européenne comme mondiale, l’activité de méga-fonds masquant une moindre vitalité des segments intermédiaires. Dans l’Hexagone, les closings supérieurs à 100 millions d’euros progressent nettement, alors que les fonds de taille moyenne ou inférieure reculent. Sept fonds de continuation ont levé à eux seuls 2,8 milliards, contre moins d’un milliard un an plus tôt. Les fonds de fonds, les acteurs publics et les banques ont accru leurs engagements respectifs (+ 70 %, + 93 % et + 98 % sur un an), tandis que les family offices et investisseurs privés ont réduit la voilure.
Avec 35 % des capitaux levés à l’international, l’attractivité de la place française reste intacte, notamment auprès des souscripteurs européens. Près des trois quarts des capitaux levés à l’étranger proviennent d’Europe, dont environ deux tiers de pays de l’Union, confirmant la capacité des sociétés de gestion françaises à mobiliser des investisseurs régionaux dans un contexte de concurrence accrue. Les fonds de fonds internationaux concentrent plus d’un tiers de la collecte, tandis que la progression des engagements du secteur public contribue à stabiliser le marché et à renforcer la crédibilité de l’écosystème aux yeux des investisseurs étrangers.
Pour Nicolas Tixier, associé de Grant Thornton, "le niveau de collecte se maintient malgré l’allongement des durées de levée. Ceci confirme la robustesse de la classe d’actifs qui continue d’attirer les capitaux y compris internationaux".
Le rythme d’investissement se tasse légèrement, à 10,1 milliards d’euros pour le capital-investissement hors infrastructures, mais le nombre d’entreprises accompagnées reste stable (1 365). L’essentiel du recul provient des opérations supérieures à 100 millions (– 18 %), alors que le segment mid-cap (5 à 100 millions) se maintient. L’industrie demeure le premier secteur d’investissement, devant le numérique et la santé.
Moins de volume, plus d’international et une liquidité toujours contrainte
La part des transactions primaires progresse légèrement : les fonds continuent d’alimenter la croissance organique des entreprises plutôt que de recycler leurs portefeuilles. Autre inflexion notable, la part des opérations internationales — en montants comme en nombre — s’accroît nettement (34 % des montants contre 15 % un an plus tôt), signe d’un déploiement plus offensif au-delà du marché domestique.
Les fonds d’infrastructure poursuivent, eux, une trajectoire stable : 4,6 milliards investis dans 111 projets, dont les deux tiers dans les énergies renouvelables. La France redevient un pôle d’accueil important, concentrant 44 % des montants du semestre.
Les désinvestissements restent le point faible du tableau. Après un bref sursaut en 2024, les cessions reculent de 7 % en nombre (566 opérations) et de 3 % en valeur, dans un contexte où la visibilité sur les valorisations demeure limitée. Elles "restent en deçà du niveau attendu", souligne le rapport. Le marché secondaire ralentit, tandis que les ventes industrielles progressent à la marge. Les tickets de 50 à 100 millions subissent le plus fort repli. France Invest rappelle toutefois la saisonnalité du secteur : les deuxièmes semestres sont historiquement plus actifs.
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