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Private Equity / dette privée / France Invest

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dette privée / France Invest

La dette privée française redémarre sur de nouvelles bases / Le refinancement au cœur du rebond

Collecte en forte hausse, activité en reprise : la dette privée française signe un net rebond en 2025. Un redémarrage qui s’accompagne d’un changement de nature, avec le refinancement devenu central.
(Photo by Ale Ventura / AltoPress / PhotoAlto via AFP)
(Photo by Ale Ventura / AltoPress / PhotoAlto via AFP)

Le marché français de la dette privée est sorti de sa phase d’étiage. Après deux années de ralentissement liées au choc de taux et au gel des transactions, il a retrouvé de l’élan en 2025. Au total, 14,8 milliards d’euros ont été levés, soit une progression de 74 % par rapport à 2024, tandis que les investissements ont atteint 15,9 milliards d’euros sur 379 opérations, en progression de 25 % en montants et de 20 % en nombre.

Le redémarrage repose d’abord sur la collecte. « Après une année 2024 en retrait, la collecte des fonds français de dette d’entreprise […] enregistre un très fort rebond en 2025, en hausse de 108 % par rapport à 2024, porté par les levées de grande taille », note le rapport. Les véhicules supérieurs à un milliard d’euros ont structuré le marché. Sur les 14 fonds levés, quatre dépassent ce seuil et concentrent à eux seuls 64 % de la collecte en dette d’entreprise, dans un environnement où les investisseurs, « quasi-exclusivement des investisseurs institutionnels et family offices », reviennent en nombre.

 

Du financement de flux à la gestion du stock

 

Derrière ce rebond quantitatif, la transformation la plus structurante tient à la nature même des opérations financées. Le refinancement s’est imposé en 2025 comme le premier moteur de l’activité en valeur, avec 42 % des montants investis contre 23 % en 2024, soit une progression de 138 % en un an. « Dans un environnement difficile pour les sorties de fonds de capital-investissement, les refinancements sont en forte progression et concentrent la plus grande part des financements en montants sur l’année 2025 », constate le rapport, qui précise que « le capital-transmission demeure toutefois le premier type d’opération en nombre ». De fait, les refinancements portent sur des tickets plus importants, liés à la taille des portefeuilles à restructurer.

Ce basculement renvoie au cycle du private equity, avec d’un côté l’allongement des durées de détention, qui contraint les fonds à refinancer des dettes arrivant à maturité faute de pouvoir céder les actifs dans de bonnes conditions, et de l’autre « l’arrivée à maturité de dettes existantes » souscrites lors des années de forte activité. Autrement dit, la dette privée ne finance plus seulement la croissance ou le LBO, elle devient un instrument de gestion du stock.

 

La dette privée reste arrimée au LBO

 

Pour autant, la dépendance au capital-investissement demeure forte. « Les opérations réalisées en présence d’un investisseur en capital sont supérieures à la moyenne 2020/2024 et comptent pour 73 % de l’activité en France en 2025. », indiquent France Invest et Deloitte. La dette privée reste donc, structurellement, adossée au LBO et au capital-transmission, même si la montée des refinancements en modifie progressivement les usages.

Dans ce contexte, la structuration des financements poursuit sa transformation. « La dette unitranche concentre 56 % des montants investis en 2025 », au-delà de sa moyenne historique. Ce format, qui simplifie l’empilement des tranches, confirme la montée en puissance des fonds face aux banques et la recherche de solutions de financement plus lisibles pour les emprunteurs.

 

Retour en force des secteurs industriels

 

À l’échelle européenne, la position française reste solide. « La France retrouve la deuxième place du classement européen derrière le Royaume-Uni, avec 24 % des opérations réalisées », souligne l’étude. Le marché s’affirme comme un pilier continental, porté à la fois par des acteurs domestiques et par des fonds internationaux, ces derniers concentrant « 24 % des opérations pour 54 % des montants investis », ce qui traduit un positionnement sur les transactions les plus importantes.

La géographie sectorielle des investissements évolue elle aussi. « Le secteur de l’industrie (hors manufacturière) […] arrive en tête du classement avec 85 opérations », notent France Invest et Deloitte, soit « le quart des investissements en nombre en 2025 ». Il devance désormais la santé et les sciences de la vie ainsi que la technologie et les télécommunications. « Les secteurs de l’industrie et de la santé constituent le duo de tête et concentrent 53 % du nombre d’opérations », précise encore le rapport.

 

L’infrastructure à contretemps

 

Dans ce paysage, l’ESG change de statut. « 57 % des opérations réalisées en 2025 ont intégré la mise en place d’indicateurs ESG avec variation du taux d’intérêt », observe l’étude, qui rappelle par ailleurs que « depuis l’édition 2023, cette étude intègre une mesure des financements ESG, les SLL ». Loin d’un phénomène marginal, ces mécanismes s’installent progressivement comme un standard de structuration, avec des clauses directement intégrées dans la tarification de la dette.

La dette infrastructure présente, elle, un profil plus tempéré. La collecte poursuit sa progression, avec 3,4 milliards levés en 2025, en hausse de 13 %, portée là encore par les grands véhicules. Côté investissements en France, le bilan apparaît plus contrasté : 1,1 milliard d’euros déployés dans 37 projets, « soit un léger recul par rapport à 2024, en nombre comme en montants ». Le ticket moyen se stabilise à 29 millions d’euros, en deçà du pic de 2023 à 35 millions. Dans le même temps, les gérants français spécialisés infrastructure ont réalisé 74 % de leurs opérations hors de France en 2025, contre 61 % en moyenne sur la période 2020-2024, signe d’une internationalisation plus marquée.

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