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TotalEnergies cristallise la valeur de ses infrastructures africaines / GIP apporte 1,8 milliard de dollars, contre une rémunération au volume

TotalEnergies s’appuie de nouveau sur GIP pour monétiser une partie de ses infrastructures, avec une rémunération du gestionnaire indexée sur les volumes transitant par les actifs concernés.
La plateforme offshore Egina de TotalEnergies, au large du Nigeria. © TotalEnergies
La plateforme offshore Egina de TotalEnergies, au large du Nigeria. © TotalEnergies

Le schéma avait été testé en Australie il y a cinq ans ; TotalEnergies vient de le rejouer en Afrique, pour un montant nettement supérieur. En échange d'un apport en capital de 1,8 milliard de dollars consenti par GIP, le gestionnaire d’infrastructures désormais intégré à BlackRock, la major française versera pendant quinze ans au plus une rémunération calculée sur les volumes transitant dans certaines de ses infrastructures pétrolières et gazières du continent. Un accord qui « cristallise la valeur de certains de nos actifs d'infrastructures midstream en Afrique », a souligné Jean-Pierre Sbraire, directeur financier de TotalEnergies.

En juillet 2021, les deux groupes avaient conclu un accord de même architecture sur les installations aval du projet Gladstone LNG : une transaction de plus de 750 millions de dollars avec GIP et une redevance assise pendant quinze ans sur les volumes de gaz traités. « Cette monétisation d'actifs d'infrastructures contribue à concentrer davantage le capital de TotalEnergies sur ses actifs de production », expliquait alors le même Jean-Pierre Sbraire. Depuis, les deux partenaires ont aussi travaillé ensemble sur d’autres dossiers, selon des schémas différents, notamment l’entrée de TotalEnergies à 50 % dans Clearway Energy Group, un important acteur américain des énergies renouvelables, en 2022, et Rio Grande LNG, un projet d’exportation de gaz naturel liquéfié au Texas, à partir de 2023.

Si le montage africain ressemble fortement à celui retenu en Australie, le niveau de détail n’est pas le même. À Gladstone, TotalEnergies précisait que sa filiale conservait la pleine propriété et le contrôle de sa participation de 27,5 % dans les infrastructures concernées. Cette fois, le groupe ne dit ni quels actifs africains entrent dans l’accord, ni si leur propriété ou leur contrôle évolueront.


Des flux adossés au midstream


Le seul indice de périmètre livré cette fois est le mot midstream. Il recouvre généralement les infrastructures situées entre l’extraction et les activités aval : collecte, transport, traitement ou stockage, selon les actifs concernés. Dans le cas présent, la rémunération de GIP sera directement fonction des volumes transitant dans ces infrastructures, sur une durée pouvant aller jusqu’à quinze ans. Un profil de flux de long terme qui correspond à la logique des investissements en infrastructures mise en avant par GIP et BlackRock.

Le montage est familier, mais GIP n’est plus tout à fait le même partenaire. Indépendant lors de l’opération australienne de 2021, le gestionnaire a été acquis par BlackRock en octobre 2024, donnant naissance à une plateforme d’infrastructures qui comptait alors environ 170 milliards de dollars d’actifs sous gestion. À l’annonce du rapprochement, BlackRock mettait précisément en avant ce type d’opérations : « les entreprises explorent des opportunités de partenariat autour de leurs infrastructures intégrées afin d'améliorer le rendement de leur capital investi ou de lever des capitaux à réinvestir dans leur cœur de métier ». Une logique dont l’accord africain avec TotalEnergies offre aujourd’hui une nouvelle illustration très concrète.

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