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TotalEnergies resserre ses liens avec KKR / 700 MW solaires en plus aux États-Unis

Avec KKR, TotalEnergies élargit son partenariat solaire américain à des centrales qui ne sont pas encore en service, pour une valorisation par mégawatt presque deux fois supérieure à celle de leur précédente transaction.
Vue aérienne de la centrale solaire Danish Fields de TotalEnergies, au Texas, d’une capacité de 720 MWc. © TotalEnergies
Vue aérienne de la centrale solaire Danish Fields de TotalEnergies, au Texas, d’une capacité de 720 MWc. © TotalEnergies

Pour la troisième fois en un peu plus d’un an, TotalEnergies vient de se tourner vers KKR pour partager la propriété d’une partie de ses actifs renouvelables. Le nouvel accord, dévoilé lundi, prévoit l’ajout de 700 MW à la coentreprise que le groupe détient à parts égales avec l’investisseur américain. Le portefeuille comprend trois grandes centrales solaires situées au Texas et dans l’Ohio, dont la valeur d’entreprise atteint 1,2 milliard de dollars. Avec cette opération, la capacité de la coentreprise passera de 1,4 à 2,1 GW, tandis que TotalEnergies conservera l’exploitation des installations.

Ce partenariat est né fin septembre 2025, lorsque le groupe avait cédé à des véhicules d’assurance gérés par KKR la moitié d’un portefeuille nord-américain réunissant six centrales solaires et 41 petites installations de production décentralisée. Le modèle a ensuite traversé l’Atlantique : le 3 août dernier, un compte d’assurance géré par KKR signait un accord pour acquérir 50 % d’un portefeuille de 1,2 GW d’actifs solaires et éoliens situés en Allemagne, en Espagne, en France et en Pologne, valorisé 1,8 milliard d’euros en valeur d’entreprise. Avec les 700 MW annoncés ce lundi, les trois accords conclus avec KKR portent désormais sur 3,3 GW de capacités.


Le recyclage du capital


Ces opérations successives illustrent l’un des leviers utilisés par TotalEnergies pour financer son développement dans les renouvelables. Le groupe développe et construit les centrales, puis cède jusqu’à la moitié de leur capital à un investisseur financier. Il récupère ainsi une partie des capitaux engagés pour les réinvestir dans de nouveaux projets. Il conserve dans le même temps une participation de 50 % dans les actifs, leur exploitation et un rôle dans la commercialisation de l’électricité.

Ce recyclage du capital doit accompagner les ambitions du groupe dans l’électricité : fin septembre, TotalEnergies a confirmé viser une production de 100 à 120 TWh par an en 2030, avec une croissance annuelle supérieure à 20 %, et un flux de trésorerie positif pour son activité Integrated Power dès 2027. « Avec cet accord avec KKR, nous démontrons une nouvelle fois notre capacité à mettre en œuvre notre business model dans les énergies renouvelables pour qu’Integrated Power atteigne un ROACE de 12 % à horizon 2030 », déclarait en août Stéphane Michel, directeur général Gas, Renewables & Power du groupe.


Une autre équation financière


L’opération américaine s’écarte pourtant sur deux points des précédentes. Le calendrier, d’abord. Lors de sa présentation stratégique de septembre 2025, TotalEnergies indiquait céder ses participations une fois les actifs mis en service et dérisqués. Or les trois centrales ne doivent entrer en exploitation que d’ici au premier trimestre 2027, alors que la finalisation de la transaction est attendue dès 2026. KKR s’engage donc avant la fin des chantiers.

La valorisation, ensuite. Le portefeuille de 700 MW vaut presque autant que celui de 1,4 GW cédé en 2025, estimé à l’époque à 1,25 milliard de dollars. Rapportée au mégawatt, la valeur d’entreprise approche ainsi 1,7 million de dollars, contre moins de 0,9 million un an plus tôt. Les deux portefeuilles présentent certes des caractéristiques différentes. Mais cet écart intervient aussi dans un marché américain où la hausse attendue de la demande électrique, notamment celle des centres de données, renforce l’attrait des installations renouvelables proches de leur mise en service, comme le soulignait cet été le cabinet Roland Berger dans une analyse du marché américain des énergies renouvelables.

Derrière KKR, ce sont notamment des capitaux issus de l’assurance qui financent les installations renouvelables de TotalEnergies. Dans les deux précédentes transactions, le groupe américain avait mobilisé des véhicules et comptes d’assurance dont les engagements peuvent s’inscrire dans la durée. « Le portefeuille solaire nord-américain de TotalEnergies nous convient parfaitement, avec des actifs renouvelables de grande qualité adossés à des contrats de long terme », expliquait en 2025 Cecilio Velasco, managing director de KKR.

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