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économies; politiques publiques; réformes

Macro-économie / Taux / Etienne Wasmer / France / IGF

Macro-économie / Taux
Etienne Wasmer / France / IGF

Ce taux d’emploi qui pénalise les finances publiques tricolores / L’Institut Avant-garde propose une nouvelle politique de l’emploi pour y remédier

Une particularité dont la France se passerait bien. Son taux d’emploi est plus faible que les pays similaires et ce que ce soit pour les plus jeunes – 20 points de moins chez les moins de 25 ans – ou chez les plus âgés – là aussi 20 points de moins chez les 60-64 ans qu’en Allemagne. Une situation qui pourrait bien changer à la faveur d’une réorientation significative des politiques de l’emploi, appelée de ses vœux par les équipes de l’Institut Avant-garde.
France Travail. Photo par JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
France Travail. Photo par JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Un virage aussi brutal que nécessaire. Le remède proposé par l’Institut Avant-garde aux maux de l’emploi dans l’Hexagone est pour le moins brutal. Le think tank propose d’opérer des changements radicaux autour de trois axes majeurs, parmi lesquels on retrouve l’idée de plafonner les indemnités de l’Assurance chômage au-dessus de 2 SMIC. Une source d’économie de l’ordre de 1,9 milliard d’euros, laquelle serait mise à profit pour mieux accompagner les demandeurs d’emploi.

L’apprentissage et les aides associées n’ont pas échappé aux équipes de l’institut, lesquelles suggèrent d’opérer un recentrage sur les niveaux infra-bac (554 millions d’euros d’économie annuellement). Ce qui entraînerait une suppression pure et simple des primes des niveaux licence et master dans les grandes entreprises, tout en s’accompagnant d’une réforme de la formation professionnelle dont les dépenses « ont bondi de 51 % entre 2020 et 2023 ». Autant d’idées qui s’appuient sur un constat récent du Conseil d’Analyse économique (CAE), selon lequel « les Français travaillent moins que leurs voisins, mais la différence du nombre d’heures travaillées avec les autres pays européens est principalement due à la faiblesse du taux d’emploi ».

 

Cordons de la bourse

 

L’importance du sujet de l’emploi dans l’Hexagone semble souffrir d’un paradoxe, le budget de l’État pour l’emploi en France est considéré comme « relativement faible par rapport à d’autres postes ». Ce qui ne veut pas dire que la puissance publique n’a pas cherché à intervenir, bien au contraire puisqu’un effort notable a porté sur la baisse du coût du travail, malheureusement la France « est l’un des pays développés où il coûte le moins cher d’employer un salarié au salaire minimum ». Ce constat s’érode rapidement dès lors qu’on s’écarte de ce dernier, un phénomène de trappes à bas salaire qui avait été mis en évidence par le rapport Bozio Wasmer, sans qu’un consensus politique émerge pour changer la donne. Un des regrets de la publication est également de constater que le nombre d’heures travaillées par les salariés les plus qualifiés n’a pas augmenté en conséquence.

Le bilan de ces deux décennies de réformes est analysé comme dessinant « les contours d’une politique de l’emploi dont les marges de progrès sont connues, mais dont les arbitrages restent politiquement sensibles ». La baisse du coût du travail semble avoir ses limites, tandis que les différentes réformes de l’assurance chômage « ont dégagé des économies réelles mais au prix d’une précarisation documentée ». Il n’est pas trop tard pour y remédier explique-t-on du côté de l’Institut Avant-garde, lequel fixe un triptyque de priorités pour l’avenir devant permettre le retour à l’équilibre des finances publiques. Celui combine à la fois l’augmentation du temps travaillé sur le marché du travail, la volonté d’augmenter simultanément les salaires et la qualité des emplois occupés et enfin la nécessité que les politiques publiques soient moins coûteuses à résultat équivalent.

 

Virage

 

La question de la participation au marché du travail semble pour les auteurs dans une impasse, tant les choix politiques récents ont essentiellement cherché « à réduire les revenus de remplacement issus de l’assurance chômage et de l’assistance sociale, afin d’augmenter le coût relatif du non-emploi ». L’efficacité sur le retour à l’emploi semble cependant pour le moins limité et accroît le risque « d’entraîner une baisse de leur sélectivité et donc une baisse de la qualité des emplois occupés, avec in fine des effets retours sur les financements du système si le salaire baisse ». La piste la plus crédible à leurs yeux est à chercher du côté du plafond des indemnités, lequel est de « 8 500 euros en France contre moins de 3 500 euros dans la plupart de pays européens » et de poursuivre sur le chemin de la dégressivité introduite en 2019. Le chiffrage établi aboutit aux quelque 1,9 milliard d’euros associés au plafonnement de l’Assurance chômage, évoqué précédemment.

La réflexion semble plus prolixe sur les méthodes pouvant améliorer la qualité des emplois, où il est cette fois question d’une hausse du SMIC de 10 % - au prix d’un coût supplémentaire pour les finances publiques d’environ 2,9 milliards d’euros. Des sources d’économies sont également possibles, tel que le fait de revenir sur la majoration de la prime d’activité de 2019 - permettant de dégager quelque 4,6 milliards d’euros. D’autres pistes sont explorées, comme le passage à un temps partiel « choisi » tel que mis en place aux Pays-Bas.

 

Trancher
 

Un poste de dépense des plus conséquents ne pouvait pas échapper au regard des équipes de l’Institut, lesquelles constatent effectivement que les politiques actives sur le marché du travail (PAMT) représentent un coût significatif pour l’État avec un chiffrage à quelque 12,7 milliards d’euros annuellement. L’issue qui a leur faveur consiste en « une réduction du budget alloué aux dispositifs de soutien à l’emploi et à l’accompagnement des demandeurs d’emploi ». Le scénario central de l’IGF évoqué par leur soin est de l’ordre de 607 millions d’euros d’économies en 2025 et plus de 1,8 milliard d’euros sur la période 2025 – 2027.

Le mille-feuille de l’apprentissage et de la formation inspire également de nombreuses mesures possibles, en plus de celles évoquées auparavant. La seule rationalisation des dérogations de la taxe d’apprentissage devrait rapporter près de 310 millions d’euros, auxquels la limitation des différentes exonérations sur les rémunérations des apprentis pourrait ajouter 900 millions d’euros additionnels. Le CPF pourrait quant à lui rapporter quelque 190 millions d’euros à la faveur d’une réorganisation.

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