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Régulation / Concurrence

Régulation / Concurrence

L’AMF donne quelques éclairages sur sa méthode de suivi des risques / L'évolution du crédit privé ne relèverait pas de la stabilité financière à date

À l’occasion de la présentation de son rapport annuel, l’Autorité des marchés financiers a offert quelques détails sur la manière dont elle s’attelle à cartographier et suivre les risques. Une action qu’elle mène aussi en collaboration à plusieurs échelons.
crédits : afp
crédits : afp

Assurer la stabilité des marchés financiers français nécessite d’anticiper et de suivre au mieux les risques, pour prévenir les crises. Lors de la présentation de son rapport annuel, l’Autorité des marchés financiers a offert une présentation plus détaillée de la manière dont elle s’attelait à cette tâche. Le suivi des risques, à l’AMF, repose sur des équipes internes d’économistes, travaillant de concert avec les équipes opérationnelles. Le régulateur français est aussi partie prenante d’un certain nombre de travaux, tant au niveau national, européen qu’international. L’AMF est par exemple membre de la communauté macro-financière française, tandis que sa présidente, Marie-Anne Barbat-Layani est aussi membre du Haut conseil de stabilité financière français, ainsi que du Conseil de stabilité financière. Les dialogues avec les autorités européennes, mais aussi avec ses homologues internationaux (au sein de l’International Organization of Securities Commissions, Iosco) sont également réguliers. « Cela nous permet d’avoir une action à différents niveaux et de pouvoir partager nos analyses », a expliqué Kheira Benhami, Cheffe économiste - Directrice Études, stabilité financière et risques de l’AMF.

Pour présenter ce suivi, un thème d’actualité a été choisi : celui du crédit privé, au regard des signaux d’alarme en provenance des États-Unis, avec des bases de rachat importantes. « Le but est de comprendre ce que l’on voit et d’observer si des risques sont connus dans cette activité, au niveau européen et français. C’est un sujet que nous avions identifié depuis un certain temps. Nous sommes, depuis 2021, en alerte sur l’émergence de la croissance des propriétaires privés », a signalé Kheira Benhami, ajoutant que l’évolution du crédit privé ne semblait, à date, pas relever de la stabilité financière en France. En cause, des montants en jeu relativement faibles, pesant quelque 4 % des encours totaux des fonds français.

La méthode est en effet la suivante : identifier le risque, le mesurer, le qualifier en termes de stabilité financière puis de voir quels pourraient être ses autres effets, notamment sur la clientèle retail. Lors de la première analyse de marché, une difficulté avait par exemple été constatée concernant l’accès à des données fiables et exhaustives. Le fait, également, qu’il suscite de plus en plus d’attrait chez les investisseurs particuliers, venait ainsi s’accorder à sa mission de protéger ces derniers. Les collectes de données ad hoc ont néanmoins permis de compenser ce manque et mieux comprendre ainsi la situation française. « En parallèle, nous essayons d’œuvrer au niveau international pour faire évoluer cet accès aux données », a-t-elle ajouté.

Car si l’évolution du crédit privé ne relève pour l’heure pas nécessairement d’un risque pour la stabilité financière française, tenter de collecter un maximum d’informations sur le sujet reste un aspect capital en matière de protection des investisseurs. « Nous avons des besoins d’investissement. Les fonds privés participent à ce financement, tout comme les investisseurs de détail également », a indiqué l’économiste. Le déploiement des fonds ELTIF contribue notamment à cette dynamique, a-t-elle souligné, rappelant que la problématique, à date, au-delà d'une meilleure mesure de ce marché, restait les questions relatives à la valorisation de l’actif, à la notion de la mesure de la performance et aux pratiques de commercialisation auprès de la clientèle particulière, comme pour l’ensemble des actifs privés. Autant de sujets sur lesquels l’AMF est en mesure de mener des actions.

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