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Sur les marchés

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Bourse : les femmes toujours à la traîne / Un manque à gagner individuel… et pour toute l’économie

Malgré le retour en force des investisseurs particuliers en France, les femmes restent largement à l’écart des marchés financiers. Moins nombreuses, plus prudentes et moins confiantes dans leurs connaissances, elles accusent un retard persistant, souligne le régulateur, qui appelle à mieux les accompagner et les encourager.
Autorité des marchés financiers (Photo : Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Autorité des marchés financiers (Photo : Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Alors que le nombre d’investisseurs particuliers en Bourse connaît un net rebond en France, les femmes demeurent en retrait de cette dynamique. Une récente étude de l’Autorité des marchés financiers (AMF) met une nouvelle fois en lumière une situation préoccupante : en 2025, elles étaient toujours deux fois moins nombreuses que les hommes à investir.

Dans les faits, les femmes ne représentaient que 38 % des investisseurs en Bourse, 36 % de ceux engagés dans le financement participatif et 26 % des investisseurs en crypto-actifs. « Cette place très minoritaire résulte, en partie, de situations financières différentes, les femmes déclarant dans le cadre du baromètre AMF des niveaux de revenus et de patrimoine financier inférieurs à ceux des hommes. Notre enquête montre aussi une moins grande confiance dans l’évolution de leur situation économique et financière (28 % des femmes se disent confiantes, contre 39 % des hommes l’année dernière) », explique le gendarme boursier.

Une prudence qui se reflète dans les comportements d’investissement : plus d’une femme sur deux interrogées déclare refuser toute prise de risque (51 %, contre 31 % des hommes). L’étude souligne par ailleurs un déficit de confiance en matière de connaissances financières : seules 28 % des femmes s’estiment compétentes en épargne et en placements, contre 51 % des hommes. À cela s’ajoute un manque d’information : une femme sur deux ne s’informe pas sur la Bourse et les marchés financiers, et seulement 24 % accordent leur confiance à ce type d’investissement. « Le sous-investissement des femmes est un problème majeur : je tire la sonnette d’alarme ! C’est un manque à gagner pour les femmes qui sont moins armées pour assurer leur autonomie financière et leur avenir. C’est un manque à gagner pour l’économie qui a besoin de plus d’investissements. Il est donc essentiel que le monde financier s’intéresse davantage aux femmes et les encourage à prendre en main leurs finances », alerte Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF.

Pour autant, une évolution, encore modeste, se dessine depuis 2023. La part des femmes déclarant détenir des produits d’investissement progresse légèrement : en 2025, 24 % d’entre elles indiquent investir en Bourse via un compte-titres ou un PEA, ou en crypto-actifs ou dans le financement participatif (contre 45 % des hommes), après 23 % en 2024 et 21 % en 2023. En trois ans, elles sont aussi plus nombreuses à affirmer choisir seules leurs placements, atteignant désormais un niveau comparable à celui des hommes (46 %, contre 43 %). En revanche, le recours aux recommandations de professionnels recule nettement, passant de 32 % en 2023 à 23 % en 2025.

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