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BCE / Christine Lagarde / Inflation
Guerre au Moyen-Orient : un impact possiblement sensible sur l’inflation / La BCE en passe de remonter ses taux ?
Près de quatre ans après l’amorce de son cycle de resserrement monétaire, l’histoire se répétera-t-elle pour la Banque centrale européenne (BCE) ? Ce matin, compte tenu de l’accroissement des tensions militaires entre l’Iran d’un côté et les États-Unis ainsi qu’Israël de l’autre, avec des retombées sur les pays du golfe persique, les prix de l’énergie en particulier le pétrole et le gaz ont connu une hausse sensible.
Dans le détail, le baril de Brent s’échange à 78 dollars contre 72,5 dollars vendredi dernier tandis que le mégawattheure de gaz sur le TTF - principale plateforme gazière d’Europe - vaut 47 euros contre une trentaine d’euros il y a encore quelques jours. Dans ses projections macroéconomiques de décembre dernier, la BCE avait dévoilé les retombées sur l’inflation que pourrait avoir une augmentation significative des prix de l’énergie.
Il en ressortait que, en 2026, une hausse de 14,2 % du prix du pétrole et de 20 % de celui du gaz naturel par rapport au scénario de référence (stabilité des prix du pétrole et légère baisse de ceux du gaz) générerait une hausse de 0,5 point de l’indice des prix à la consommation harmonisé (HICP). L’impact négatif sur la croissance du Produit intérieur brut (PIB), lui, s’élèverait à 0,1 %. « Toutefois, il ne s’agirait là que de l’effet prix, et non de l’effet de perturbation de la chaîne d’approvisionnement », avertissent les économistes de la banque ING.
À date, l’inflation évolue extrêmement proche de la cible en zone euro. Pour 2026, la BCE prévoit qu’en glissement annuel, elle s’établira à 1,9 % au premier trimestre, 2 % au deuxième trimestre, 1,9 % au troisième trimestre, puis 1,9 % entre octobre et décembre.
Dans ce contexte, à l’image de ce qu’il s’est passé en 2022 après le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne et de l’envolée des prix de l’énergie qui a suivi, la BCE pourrait-elle à nouveau monter au créneau en augmentant ses taux directeurs ? « Compte tenu du souvenir encore relativement frais de la récente flambée de l’inflation, la BCE est peu susceptible de considérer une nouvelle hausse de l’inflation liée au prix du pétrole comme transitoire, voire déflationniste », indique-t-on chez ING. "Toutefois, pour assister à une hausse des taux, l’économie de la zone euro devrait faire preuve d’une résilience évidente », tempèrent les économistes de l’institution néerlandaise.
Dans l’ensemble, le centre de gravité de la croissance du secteur manufacturier continue de se déplacer lentement vers l’Allemagne, mais les tensions géopolitiques et la hausse des prix des intrants pourraient retarder davantage la reprise, note à ce propos Paolo Grignani, économiste senior chez Oxford Economics.
Que dit la doctrine des banquiers centraux de la zone euro en matière de réponse à un choc de prix de l’énergie ? En principe, il peut être ignoré à condition qu’il soit suffisamment faible et transitoire.
Dans un discours de mars 2025, Christine Lagarde, présidente de la BCE, avait nuancé cette façon de présenter sa fonction de réaction.
D’une part, un désancrage des anticipations d’inflation pourrait pousser l’institution de Francfort à agir pour éviter la mise en branle d’une boucle prix-salaires compromettant son objectif d’inflation à moyen terme.
D’autre part, "nous devons évaluer la manière dont l’environnement actuel influe sur la réaction politique optimale à différents types de chocs", expliquait-elle.
Par exemple, plus l’inflation est sensible aux variations de l’activité, plus il est facile pour la politique monétaire de la faire refluer sans imposer de coûts élevés à l’économie (ratio de sacrifice faible). "Cela affaiblirait l’un des principaux arguments en faveur du « regard attentif » sur les grands chocs d’offre", soutenait-elle.
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