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Publications, Résultats / Valeo / Christophe Périllat

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Valeo / Christophe Périllat

Chez Valeo, le cash se redresse en attendant la croissance / 2026 encore sous le signe de la transition

Valeo confirme en 2025 l’amélioration progressive de ses fondamentaux financiers, avec une génération de cash record et une marge en hausse. Le groupe avance sur son plan Elevate 2028, mais la démonstration de croissance reste suspendue à l’horizon 2027.
Christophe Périllat, le directeur général de Valeo, lors de la présentation des résultats annuels 2025 du groupe, le 26 février 2026.
Christophe Périllat, le directeur général de Valeo, lors de la présentation des résultats annuels 2025 du groupe, le 26 février 2026.

« En 2025, nous avons été au rendez-vous du profit et du cash, et nous l’avons fait dans un environnement exigeant. » Jeudi soir : le ton de Christophe Périllat, le directeur général de Valeo, était celui d'un dirigeant qui a tenu ses engagements dans un contexte sectoriel difficile, mais qui mesure encore le chemin à parcourir avant que les marchés lui accordent le bénéfice du doute.

Les résultats 2025 s’inscrivent en effet dans la trajectoire annoncée. Le chiffre d’affaires atteint 20,9 milliards d’euros, en recul de 2,7 % en données publiées sous l’effet d’un change défavorable de 2,4 points et des cessions d’actifs non stratégiques menées dans le cadre du plan Move Up. À périmètre et taux de change constants, il progresse toutefois de 0,5 %. La marge opérationnelle s’établit à 4,7 % du chiffre d’affaires, en hausse de 0,4 point sur un an, soit une quatrième année consécutive d’amélioration. Le résultat net part du groupe augmente de 23 %, à 200 millions d’euros.

 

Power tire l’amélioration

 

Le groupe met surtout en avant un tournant sur le cash. Le free cash-flow avant coûts de restructuration exceptionnels et avant intérêts atteint 756 millions d'euros, un niveau jamais atteint dans l'histoire de Valeo, tandis que le free cash-flow après intérêts financiers nets s'établit à 371 millions d'euros, en hausse de 50 % sur un an, nettement au-dessus de l’objectif fixé à plus de 300 millions.

Derrière cette amélioration graduelle, la dynamique reste contrastée selon les métiers. La division Power, qui regroupe notamment les systèmes thermiques, la transmission et les solutions d’électrification basse tension, est celle qui tire le bilan vers le haut. Sa marge opérationnelle progresse de 1,3 point pour atteindre 4,2 %, résultat d'une transformation en profondeur engagée depuis plusieurs exercices : rationalisation de l'empreinte industrielle, amélioration de l'efficience R&D, réduction des frais généraux. Au second semestre, la dynamique s'accélère encore, avec une marge à 4,9 % sur la période (+140 points de base par rapport au second semestre 2024), portée par la reprise des systèmes thermiques en Europe et en Chine, notamment auprès des constructeurs locaux.

 

Le virage chinois demande encore du temps

 

La situation est plus contrastée pour les deux autres pôles. La division Brain - qui couvre les systèmes avancés d'aide à la conduite (ADAS) et l'expérience intérieure (écrans, télématique) - a vécu une année de consolidation douloureuse. L'arrêt de plusieurs projets ADAS et les reports de mise en production chez un constructeur global en Amérique du Nord ont pesé sur les volumes, avec un écart de performance de dix points par rapport à la production automobile mondiale. Sa marge opérationnelle recule de 40 points de base à 5,4 % sur l'année, mais la dégradation est bien plus marquée au second semestre, où elle tombe à 4,6 % contre 6,1 % lors du premier semestre.

La division Light, de son côté, affiche 5,0 % de marge opérationnelle sur l'exercice, en retrait de 0,5 point, principalement du fait des reports de lancement en Amérique du Nord au premier semestre.

Sur le plan géographique, la Chine demeure le principal point d’attention. Valeo y sous-performe encore le marché, ses ventes première monte évoluant 17 points en deçà de la production automobile locale sur l’année. Ce décalage s’explique en grande partie par la transition en cours du portefeuille clients vers les constructeurs chinois : leur montée en puissance sur le marché intervient plus rapidement que la mise en production des nouveaux contrats du groupe. Les indicateurs commerciaux témoignent toutefois des progrès engagés. Le ratio de prises de commandes auprès des constructeurs chinois atteint désormais 2,8 fois le chiffre d’affaires réalisé avec eux, et 63 % des commandes en Chine proviennent d’OEM locaux, contre 60 % en 2024.

 

Le retour à la croissance visé pour 2027

 

Les perspectives 2026 s’inscrivent dans une logique prudente. Le groupe vise un chiffre d’affaires compris entre 20 et 21 milliards d’euros, une marge opérationnelle de 4,7 % à 5,3 % et un free cash-flow supérieur à 400 millions d’euros. La priorité demeure le renforcement des fondamentaux financiers avant le retour à la croissance. « Aucune croissance n’est attendue en 2026 (…) le retour est prévu à partir de 2027 », a rappelé le directeur général.

Cette séquence s’inscrit dans la feuille de route Elevate 2028 présentée en novembre. Le groupe y articule sa trajectoire autour de trois moteurs successifs : amélioration continue de la rentabilité, génération structurelle de cash, puis retour à la croissance des ventes. Les deux premiers sont déjà à l’œuvre. Reste à enclencher le troisième, qui dépendra des nombreux démarrages de production attendus en 2026.

Valeo a tenu ses engagements opérationnels en 2025, performance notable dans un secteur qui a multiplié les déceptions. Mais « il faudra probablement attendre 2027 voire 2028 pour que le management puisse faire la démonstration d’une véritable transformation », préviennent les analystes d’Oddo BHF. D’ici là, 2026 devrait rester une nouvelle année de transition, comme l’avait laissé entendre le Capital Markets Day.

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