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Hexagone; problème; choisir

Macro-économie / Taux / Inflation / France / BCE

Macro-économie / Taux
Inflation / France / BCE

Cette faible inflation qui ne fait pas les affaires de la France / Ses finances publiques s’en seraient bien passées

Une inflation qui ne tracasse pas que Francfort en Europe. L’hétérogénéité au sein de la zone euro étant notamment dû au faible niveau dans l’Hexagone, avec une inflation passée de 0,8 % en glissement annuel lors du mois de décembre à 0,3 % en janvier. Au-delà de la crainte d’une politique monétaire trop restrictive pour l’Hexagone, les conséquences pour la dette publique sont également redoutées par les observateurs, puisqu’une croissance atone pourrait être particulièrement néfaste pour le ratio de dette publique rapportée au PIB.
Prix. Photo par JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Prix. Photo par JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Un problème supplémentaire pour l’Hexagone. Empêtré dans ses problèmes de finances publiques, il doit parvenir à rétablir la situation en arrivant à faire face à une inflation particulièrement faible. Une problématique loin d’être indolore puisqu’associée à une croissance nominale atone, elle entraîne des conséquences directes pour le ratio de dette publique rapportée au PIB. Dès lors que la charge d’intérêts en proportion de la dette publique devient supérieure à la croissance nominale, les finances publiques ont à craindre.

Un constat qui n’a pas échappé aux observateurs tels que Charlotte de Montpellier, économiste chez ING. On dit « souvent que l’inflation est l’amie du débiteur. Dans le cas français, sa faiblesse agit comme un accélérateur des fragilités existantes. La soutenabilité des finances publiques continuera donc à s’imposer comme l’un des principaux défis macroéconomiques de la France pour les années à venir ». Il faut dire que ses calculs n’incitent guère à l’optimisme étant donné qu’elle évoque une croissance nominale de l’ordre de 2 %, fruit d’une croissance du PIB de l’ordre de 1 % et d’une inflation du même acabit.

 

Calculs

 

L’équation devient pour le moins compliquée lorsqu’on sait que la Commission européenne table sur un taux d’intérêt implicite sur la dette française de l’ordre de 2,2 % en 2026 et de 2,4 % en 2027. La charge d’intérêt n’est plus compensée par la croissance nominale et fait redouter l’apparition d’une spirale négative pour l’Hexagone tant que la faiblesse de l’inflation déprimera la croissance tricolore. Un désagrément que ne connaissent pas tous les membres de la zone euro, loin de là. L’économiste prenant l’exemple de la Belgique, pays dont « le déficit est également élevé mais où une inflation plus dynamique soutient davantage la croissance nominale ».

Là où le bât blesse pour la France c'est que l’inflation relativement basse ne lui profite pas autant qu’elle ne pourrait l’imaginer. Notamment concernant la compétitivité, un front sur lequel la France a connu un gain notable ces dernières années. Charlotte de Montpellier expliquant cependant que cet atout n’est pas pleinement exploité par la France, pour l’heure « l’incertitude politique et budgétaire des derniers mois a empêché tout rebond significatif de l’activité ».

 

Dilemme

 

Les préoccupations engendrées par cette hétérogénéité ne sont pas cantonnées à la situation tricolore. Patrick Artus, conseiller économique d’Ossiam, expliquant qu’au vu de la situation « les écarts d’inflation entre les pays peuvent au contraire inciter la BCE à baisser ses taux d’intérêt, pour éviter que les pays où l’inflation est basse entrent en déflation en raison du niveau élevé des taux d’intérêt réels ». L’économiste expliquant que Francfort ne peut rester de marbre face « à l’inflation sur un an (indice harmonisé) va de 0,4 % en France à 1 % en Italie, à 2,1 % en Allemagne, à 2,5 % en Espagne » et ce bien que de coutume elle ne réagisse que « l’inflation moyenne de la zone euro, et pas à celle observée dans les différents pays ».

Charlotte de Montpellier considère pour l’heure que les « écarts d’inflation entre les États membres sont normaux au sein d’une union monétaire et n’inciteront pas la BCE à modifier sa position, tant qu’il n’y a pas de risque de sous-performance de l’inflation pour l’ensemble de la zone euro ». D’autant plus qu’elle explique que l’inflation dispose de plusieurs moteurs pour repartir à la hausse dans les mois à venir.« La baisse de 15 % des prix de l’électricité intervenue le 1er février 2025 sortira de l’effet de base ce mois-ci, poussant mécaniquement l’inflation énergétique à la hausse », souligne-t-elle. Elle évoque aussi le calendrier des soldes décalés cette année. Néanmoins l'inflation devrait s’établir à près de 1 % là où l’inflation au sein de la zone euro est quant à elle anticipée à 1,9 % en moyenne.

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