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Evenements / CPME / Aides aux entreprises / financement de l'économie

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CPME / Aides aux entreprises / financement de l'économie

Aides aux entreprises : la colère d’Amir Reza-Tofighi / LVMH, l’exemple d’une locomotive essentielle au développement des PME françaises

Auditionné au Sénat, le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi, a livré un réquisitoire sans détour contre les choix économiques français et européens. Impossibilité de la préférence locale, surtransposition des règles européennes, fiscalité des entreprises, surtaxe des grands groupes : le patron des PME a dénoncé des décisions politiques qu’il juge contre-productives et conduisent, selon lui, au record de défaillances.
Amir Reza-Tofighi (Photo de Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Amir Reza-Tofighi (Photo de Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Il y a visiblement des sujets qui agacent le président de la CPME. Auditionné par la Commission des affaires économiques du Sénat, Amir Reza-Tofighi n’a pas hésité à dire tout le mal qu’il pensait de certaines logiques de choix de politique économique. D’abord au niveau européen, à l’heure où tous les dirigeants discutent « préférence européenne », cette priorité ne devrait même pas faire l’objet d’un débat pour le patron des PME. « Quand j’entends que la préférence européenne pourrait inclure des pays avec qui on a un accord de libre-échange, comme l’Inde, c’est totalement lunaire. Arrêtons d’être naïfs, les autres pays du monde n’ont pas de problème à dire que la commande publique doit privilégier les achats locaux ».

 

Le supplément d’âme français sur la transposition des règles européennes

 

L’occasion pour Amir Reza-Tofighi d’aborder le sujet de la relation de la France à la réglementation européenne. « Les Français sont les meilleurs pour jouer les règles du jeu européen. Aujourd’hui, celles-ci interdisent de faire de la préférence locale. Si bien qu’il y a des entreprises françaises qui perdent des appels d’offres pour quelques centimes. Il faut comprendre que l’argent public doit irriguer l’économie locale. Parfois, certes, cela coûte un peu plus cher mais les retombées économiques locales font que cet argent crée des emplois, des recettes fiscales, etc ». Et force est de constater que si le gouvernement répète depuis de longs mois vouloir en finir avec la surtransposition des règles européennes, pour Amir Reza-Tofighi, il n’en est rien. « Prenons l’exemple de la transparence salariale. Nous sommes encore en train de surtransposer. Sur les offres d’emploi, en France, il faudra mettre des fourchettes de salaires. Cela n’a aucun sens car le salaire dépend du profil. On recrute un savoir-être avant le savoir-faire. Et ce n’est pas prévu dans la directive européenne », a-t-il fait remarquer.

 

Les défaillances sont la conséquence des choix politiques

 

Le patron de la CPME en a par ailleurs profité pour interpeller le sénateur Fabien Gay, membre de la commission des affaires économiques et rapporteur de la Commission d’enquête sur les aides aux entreprises. « Tous les entrepreneurs ont très mal vécu le rapport du Sénat. Ces 211 milliards que des entrepreneurs mettraient dans leur poche. Ce rapport a fait beaucoup de mal à tous les entrepreneurs car il concerne aussi les aides à l’apprentissage et a donné le sentiment que les entrepreneurs se sont gavés d’argent public alors qu’ils sont en train de financer la formation des salariés sur leur temps de travail. Ce n’est pas de l’aide aux entreprises, c’est de l’investissement dans l’emploi des jeunes. Opposer les entreprises, l’argent public, les salariés, n’est pas une bonne façon de faire. D’autant que la France est le pays qui a le niveau de prélèvements obligatoires le plus élevé d’Europe », a-t-il souligné.

Des taxes qui expliqueraient pour partie le niveau de défaillances record en 2025. « C’est la conséquence des décisions qui sont prises par les politiques. On ne peut pas fermer les yeux sur le fait que l’on augmente les impôts des entreprises quand le reste du monde soutient son économie et d’un coup être étonné qu’il y a de plus en plus de faillites. La prévention, c’est bien mais ouvrons les yeux », a-t-il appelé.

 

Les grands groupes, des locomotives pour les PME françaises

 

Et Amir Reza-Tofighi de se faire le défenseur des grandes entreprises : « Taxer 8 milliards d’euros (rendement attendu de la surtaxe sur les bénéfices des grands groupes dans le cadre de la loi de finances pour 2026, ndlr) n’est pas cohérent. Il faut de grands groupes en France. Ce sont des locomotives pour les PME. Les sous-traitants de LVMH sont très contents que le groupe investisse en France. Je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu’il faut mettre un maximum de taxes sur les plus grandes entreprises. A la fin, tout le monde sera perdant », a-t-il assuré, appelant aussi à la suppression de la CVAE – « un impôt qui est bête » - et à un juste regard sur la notion de taxation des dividendes. « Les dividendes c’est aussi un complément de rémunération pour les dirigeants de PME », a-t-il alerté.

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