Macro-économie / Taux / pollution de l'air / France / productivité
Macro-économie / Taux
pollution de l'air / France / productivité
Cette pollution qui nuit à l’économie hexagonale / Comment elle en fait les frais
Un désastre quelle que soit la temporalité dans laquelle on se place. La pollution de l’air a un coût qui est multiple pour les finances françaises, nécessitant d’une part des dépenses immédiates de santé - correspondant aux hospitalisations et aux médicaments prescrits - et détériorant d'autre part la production de l’économie dans le futur.
La pollution de l’air est coûteuse à plus d’un titre dans l’immédiat et les équipes ayant rédigé une note sous la responsabilité de la direction générale du Trésor en distinguent trois principaux. Le premier s’avérant être l’absentéisme tant chez les personnes malades que dans leur entourage, le deuxième se trouvant être la baisse de la productivité des travailleurs et le troisième une diminution de la demande. Ce dernier phénomène s’expliquant par des changements de comportement d’achat chez les consommateurs « exposés à la pollution (report ou évitement des dépenses non essentielles) et par l’augmentation de leurs dépenses de santé ».
Hiérarchie
La hausse de l’absentéisme n’est pas minimisée, cependant il est argué que « ce canal n’explique qu’une part marginale des pertes économiques observées » et que l’effet principal de la pollution s’exerce principalement via une moindre productivité des travailleurs présents en plus des effets sur la demande. S’appuyant sur deux études menées sur le Vieux continent - lesquelles avancent qu’une hausse de la concentration des particules fines PM2,5 de 1 µg/m3 réduirait le PIB de 0,8 % et la valeur ajoutée par travailleur de 0,55 % la même année - les auteurs statuent que les progrès sur la qualité de l’air obtenus entre 2000 et 2022 auraient permis des gains de productivité du travail de 1,6 % dans l’Hexagone.
Plus les progrès sont conséquents et plus les bénéfices seront importants tant à court terme mais également sur le long terme. Sur le premier volet, une baisse de 25 % de l’exposition mensuelle moyenne aux PM2,5 entre 2009 et 2015 - ce qui placerait la France au niveau des préconisations de l’OMS - aurait permis un gain économique annuel de l’ordre de 7 milliards d’euros en termes de PIB pour la France. Auquel, il faut adjoindre les bénéfices sanitaires attendus en matière de mortalité et de morbidité. Il faut tenir compte d’une autre externalité largement positive à savoir la moindre baisse des résultats scolaires et altération des trajectoires éducatives provoquées par la pollution.
Dommages
Les effets néfastes de l’exposition à la pollution seraient très longs à se faire sentir, à ce titre une réduction de 10 µg/m3 de l’exposition à la pollution durant la grossesse signifierait une augmentation « de 1,7 à 1,8 point de pourcentage de la probabilité que les enfants de la génération suivante accèdent à l’enseignement supérieur ». Pour le Vieux continent un choc de pollution aux PM2,5 de 1 µg/m3 causerait une baisse immédiate du nombre de brevets - de l’ordre de 7,2 % - lors de l’année suivante avec les conséquences qu’on imagine en termes d’innovation.
Autant de conséquences qui ne doivent pas faire oublier l’effet de la pollution de l’air sur la mortalité, lequel « représenterait entre 2016 et 2019 un coût économique annuel de 130 milliards d’euros en 2018 pour les particules fines et 23 milliards d’euros 2018 pour le NO2 (dioxyde d’azote ndlr) ». En se plaçant dans un scénario où la concentration de particules fines PM2,5 ne dépasserait pas les recommandations OMS sur le territoire, le gain estimé en termes de décès prématurés évités est de l’ordre de 53 milliards d’euros.
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