Macro-économie / Taux / Inflation / BCE / Alimentaire
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Inflation / BCE / Alimentaire
Les prix alimentaires de la zone euro vont lever le pied en 2026 / Une bonne nouvelle pour l’appréciation de l’inflation par les ménages
Une frustration bien difficile à expliquer. L’analyse par la Banque centrale européenne (BCE) - dans son enquête sur les anticipations des consommateurs - tend à démontrer que les perceptions et anticipations relatives à la hausse des prix des produits alimentaires ont une influence conséquente sur les perceptions de l’inflation totale et sur les anticipations à un an. Un biais qu’on avait déjà pu entendre dans la bouche de Cédric Audenis, directeur des études et des synthèses économique de l’Insee, celui-ci expliquait lors des Journées de l’Économie qu’il était "frappant qu’il y ait une majorité relative de ménages (depuis quatre décennies ndlr) qui déclare une baisse du pouvoir d’achat".
Il avait été rejoint quelques minutes plus tard par Olivier Garnier, alors chef économiste et directeur général de la Banque de France, en charge des statistiques, des études et de l’international, lequel avait alors rappelé à son auditoire que les Français avaient bien du mal à évaluer la réalité de l’inflation. Les données présentées dans le bulletin économique établissent que ce sont près des deux tiers des participants aux enquêtes de l’institut d’émission qui "déclarent que les prix des produits alimentaires influencent leurs anticipations d’inflation, une part plus élevée que pour toute autre rubrique du panier ". Des répondants qui vont dès lors anticiper plus que les autres une inflation dépassant allègrement la cible de 2 % de la BCE.
Rentrer dans son lit
Sur l’année écoulée le taux annuel de hausse des prix des produits alimentaires - mesurée par l’IPCH dans la zone euro - a ainsi "été en moyenne à 2,9 % en 2025 (de janvier à novembre) et est resté supérieur à sa moyenne pré-pandémique de long terme de 2,2 % calculée depuis décembre 2021 ". Les coupables sont tout trouvés à en écouter le bulletin économique de la BCE avec sur les derniers mois le café, le thé, le cacao, les confiseries et la viande qui "ont représenté plus de 50 % du taux annuel de la hausse des prix des produits alimentaires, malgré un poids de moins de 25 % dans la catégorie ‘produits alimentaires’ de l’IPCH".
De quoi espérer un retour à la normale en 2026, avec des des indicateurs avancés tels que les taux de croissance en glissement annuel qui laissent apparaître une diminution des des tensions sur certains prix. Les fabricants de denrées alimentaires et de boissons ont donné un son de cloche similaire à travers l’enquête de la Commission européenne auprès des entreprises, celles-ci ayant vu leurs anticipations relatives aux prix de vente pour les trois prochains mois baisser depuis avril, revenant même au-dessous de la moyenne de long terme observée entre 1999 et 2019.
Impondérable
Pour autant la dynamique n’est pas similaire en ce qui concerne les anticipations relatives aux prix de vente des détaillants de denrées alimentaires, de boissons et de tabac. Lesquelles se " sont modérées moins nettement et sont également restées au-dessus de leur moyenne de long terme", de quoi faire arguer aux auteurs que cela "pourrait refléter partiellement la croissance toujours élevée des salaires dans ce secteur". D’autres déterminants sont difficiles à maîtriser tel que les évolutions des prix en lien avec le changement climatique. Les données établissent que la canicule de l’été 2025 pourrait "avoir entraîné une hausse des prix des produits alimentaires non transformés dans la zone euro de 0,4 à 0,7 point de pourcentage après un an ".
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