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Les TPE et PME ont été bousculées par 2025 / Leurs dirigeants ne baissent pourtant pas les bras pour l'année à venir

L’année 2025 n’a pas épargné les TPE et PME françaises, dont la situation conjoncturelle s’est dégradée au fil de sa seconde partie. En raison d’un déficit de demande, le solde d’opinion relatif à leur activité a marqué le pas, tout comme leur situation financière. Si elle n’est pas alarmante, l’investissement a lui aussi suivi la tendance. Quelques lueurs d’espoir restent à signaler pour les douze mois à venir.
photo by frederic scheiber / hans lucas / hans lucas via afp
photo by frederic scheiber / hans lucas / hans lucas via afp

Un bilan maussade. L’année 2025 n’aura pas été de tout repos pour les entreprises françaises et leur ressenti quant à leur situation conjoncturelle en témoigne. D’après le baromètre semestriel en la matière réalisé par Bpifrance Le Lab, auprès des patrons de TPE et PME françaises, il semble même s’être dégradé au fil des six derniers mois, comme ils avaient d’ailleurs pu l’anticiper. Après un temps d’arrêt au printemps, le solde d’opinion relatif à l’évolution de leur chiffre d’affaires est en effet reparti à la baisse. À -11, il atteint d’ailleurs son plus faible niveau en dehors des grandes périodes de crise (en 2020 avec le Covid-19, ou 2009 avec la crise financière) et recule de 5 points sur un an. Ce niveau est comparable à celui qui avait été observé en 2013, une année de croissance particulièrement faible.

Une dégradation qui s’observe dans l’ensemble des secteurs de l’économie, avec un recul plus marqué dans la construction et le commerce. Le coupable principal reste identifié : celui du manque de demande dont pâtissent les TPE et PME françaises, ayant été pointé du doigt par leurs patrons tout au long de l’année. De fait, leurs carnets de commandes ne sont que peu garnis. Le solde d’opinion relatif a atterri à -22. S’il est stable sur un an, il ressort toutefois nettement inférieur à sa moyenne de long terme (de -7 entre 2000 et 2024). À noter toutefois que les entreprises innovantes, fortement internationalisées ou de plus grande taille ont davantage résisté que les autres.

 

Trésorerie, rentabilité et investissements

 

Du côté de la situation financière, dans un contexte d’activité morose et de déficit de débouchés, la trésorerie et la rentabilité des petites et moyennes entreprises françaises accusent aussi le coup. Bien qu’étant plus favorable qu’en 2013, la première a perdu 3 points au deuxième semestre pour s’inscrire à -17, en dessous de sa moyenne de long terme, tandis que 30 % des près de 5 000 entreprises sondées estiment que leur situation de trésorerie était difficile à la fin de l’année 2025. Soit une hausse de trois points par rapport au printemps. S’agissant de la rentabilité, le solde d’opinion a baissé de 5 points sur un an (après un recul de 6 points l’an passé), toujours sous la moyenne à long terme.

Un cocktail qui pèse forcément sur l’investissement. En cause, essentiellement et de nouveau : l’insuffisance de la demande, qui a continué de progresser pour être désigné à hauteur de 61 % comme le premier des freins. Le coût du crédit arrive de son côté en deuxième position, puisque 40 % des TPE et PME estiment qu’il reste un obstacle à l’investissement (le taux d’intérêt annuel moyen accordé aux PME était de 3,45 % en novembre 2025, soit largement en dessous du point haut de décembre 2023, à 5,2 %, mais toujours supérieur à celui observé à la fin de 2019, de 1,51 %). Résultat : seules 39 % des TPE et PME françaises ont réalisé des investissements en 2025, en baisse de 4 points sur un an. Il s’agit par ailleurs du plus bas niveau enregistré depuis 2012. En montants, l’indicateur continue également de s’éloigner de sa moyenne de long terme. Bien qu’elles ne soient concrètement pas mesurées au travers de ce baromètre, les incertitudes politiques et budgétaires à l’œuvre en France n’y sont également pas étrangères.

Les investissements verts n’ont par ailleurs pas été épargnés par cette dynamique, puisqu’après un léger rebond en 2024, la part des TPE et PME déclarant en réaliser a de nouveau reculé pour se fixer à 23 % son plus faible niveau depuis 2021, soit la première année où la question avait été posée. En 2024, ce taux s’affichait à 34 %. "Un certain nombre d’investissements verts ont été déclenchés il y a plusieurs années, lors de la crise énergétique, ce qui peut contribuer à un recul sur les années suivantes. Mais cela reste un point d’attention", a précisé Baptiste Thornary, responsable des études économiques et de la conjoncture de Bpifrance, lors de la présentation de l’étude.

 

Légers facteurs d’optimisme

 

Si le bilan de l’année 2025 n’est pas des plus rassurants pour les petites et moyennes entreprises françaises, un léger redémarrage pourrait néanmoins être à l’ordre du jour pour celle à venir. "L’indicateur prévisionnel d’activité rebondit de 7 points sur un an et repasse en territoire positif, ce qui signifie que davantage de TPE et PME s’attendent à une hausse de leur chiffre d’affaires plutôt qu’une baisse. L’amélioration est généralisée si l’on parle des secteurs à un niveau agrégé et de manière plus forte dans l’industrie, les transports et le commerce", a de son côté expliqué Sabrina El Kasmi, responsable du pôle conjoncture-macroéconomie-risque pays de la banque publique d’investissement.

Du côté des embauches, les dirigeants restent prudents. Dans un contexte de marché du travail peu porteur, ils s’attendent essentiellement à ce qu’elles se stabilisent. Elles avaient pourtant déjà été limitées en 2025. Et en dépit de l’amélioration des perspectives d’activité, les TPE et PME devraient en revanche toujours faire montre de prudence quant à leurs décisions d’investissement : la part des TPE et PME prévoyant d’investir recule de nouveau (44 % comptent le faire en 2026, contre 47 % il y a un an pour 2025). Toutefois, le solde d’opinion sur l’évolution des montants investis se redresse de côté, gagnant 3 points sur un an, à + 10.

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