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TPE PME / Bpifrance Le Lab

Les TPE et PME françaises abordent la seconde moitié de 2025 sans catastrophe ni rebond / Les investissements font en revanche grise mine

Alors que les défaillances d’entreprises, bien qu’évoluant toujours à des niveaux élevés, pourraient être en passe de se stabiliser, les différents indicateurs financiers et de perspectives des TPE et PME françaises semblent aussi présenter quelques signaux positifs. Des disparités entre les structures, de par leur taille, reste à relever, tandis que les investissements calent.
(Photo by Fr�d�ric Scheiber / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Fr�d�ric Scheiber / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Après l’envolée, la stabilisation. Si les défaillances d’entreprises avaient atteint des sommets en 2024 - pouvant toutefois être relativisés à certains égards - au deuxième trimestre de 2025, 16 600 défaillances d’entreprises ont été recensées par Altares. Un niveau historiquement haut mais qui représente désormais une hausse contenue de 1,3 %, laissant entrevoir un ralentissement des défaillances pour la fin de l’année, remarque le groupe d’études. Mieux : si le mois d’avril a fait état d’une nette augmentation des défaillances (+ 8 %), celui de mai a neutralisé cette hausse, tandis que le recul des défauts s’est concrétisé au mois de juin, à la faveur d’une baisse de 2 % de ces derniers. Le bilan reste lourd pour les PME d’au moins 100 salariés et pour les TPE de 6 à 19 d’entre eux, souligne Altares. Mais en dépit des tensions relevées sur les plus gros employeurs, la résistance des PME de moins de 100 salariés permet ainsi de contenir le nombre d’emplois menacés à 65 000, contre 69 500 un an auparavant.

Pourtant, le temps ne semble pas nécessairement être à l’orage pour l’ensemble des grandes PME françaises. Si le bilan de leurs défaillances sur la première moitié de l’année reste à relever, celles de plus de 100 salariés à avoir été interrogées par Bpifrance Le Lab, à l’occasion de sa dernière enquête de conjoncture semestrielle, prévoient en effet une accélération de leur activité cette année. Le solde d’opinion relatif a gagné 15 points en moyenne sur six mois, tandis qu’elles anticipent une croissance moyenne de leur chiffre d’affaires de 2,7 % sur l’année, contre 0,7 % estimé en 2024. Dans l’ensemble de l’échantillon de près de 5 000 entreprises, le solde d’opinion relatif a en revanche perdu six points sur un an, reste installé en territoire négatif et bien en deçà de sa moyenne historique.

 

L'ombre de la demande

 

Certes, l’indicateur a regagné deux points sur six mois. Mais l’activité des TPE et PME françaises semble être toujours pénalisée par une demande restant faible. L’indicateur relatif aux carnets de commandes a eu beau gagner 12 points sur six mois, ces derniers resteraient malgré tout peu garnis, du fait d’un démarrage à un niveau dégradé au premier semestre. En tout et pour tout, la croissance moyenne de l’ensemble des entreprises sondées est attendue négative en 2025, à hauteur de - 1,5 % (contre - 1,8 % prévu pour 2024 il y a un an). À l’instar de l’activité, les créations d’emplois devraient rester peu dynamiques.

"Certains indicateurs bougent dans le bon sens et sont peut-être précurseurs de jours meilleurs. Il est en revanche trop tôt pour parler de reprise, ou de fin d’une croissance molle", a résumé le directeur des études de Bpifrance, Philippe Mutricy, lors de la présentation de l’enquête. Et puis, a-t-il ajouté, l’optimisme des grandes PME pourrait être de bon augure. "Ces entreprises ont tendance à ressentir les améliorations avant les autres. Cela reste une corrélation observée sur le passé, par une prédiction sur le futur", a indiqué Philippe Mutricy.

 

Une question de moment

 

En dépit d’une conjoncture morose, la situation de trésorerie des TPE et PME françaises s’est en revanche stabilisée à un niveau proche de sa moyenne de long terme, tranchant ainsi avec une dégradation continue amorcée depuis 2021. D'autant qu'il est anticipé que ce niveau reste en vigueur jusqu'en fin d'année. L'optimisme est à l'inverse moins de mise sur la rentabilité, qui se détériorerait toujours cette année. A - 7, le solde d'opinion a reculé de 3 points sur un an et a atterri 9 points sous son niveau moyen de long terme. Les perspectives semblent par ailleurs particulièrement mornes dans le secteur du tourisme, tandis que les TPE et PME des transports sont moins pessimistes que l'année dernière (bien que partant d'un faible niveau de rentabilité). Malgré un accès au financement restant relativement favorable, l’investissement devrait, de son côté, se replier. Quelque 38 % des TPE et PME ont en effet réalisé ou prévu des investissements cette année, contre 43 % un avant auparavant et environ 50 % avant la crise.

D’autant que l’indicateur relatif aux montants investis s’est quant à lui replié de 5 points sur un an, rejoignant un niveau proche de celui observé en 2013 et s'éloignant de sa moyenne de long terme. "Les résultats sur l'investissement sont les plus mauvais de l’enquête", a regretté Philippe Mutricy, en relatant les retours remontant de la part de chefs d’entreprise : "Ce n’est pas forcément qu’ils n’ont pas les moyens, ils se demandent plutôt si c’est le bon moment", eu égard aux différentes incertitudes commerciales, budgétaires et politiques - le contexte français restant par ailleurs le point de préoccupation central des TPE et PME françaises. Point de confiance : les investissements verts ne semblent de leur côté pas être affectés par cette tendance de repli, en restant plutôt enclenchés sur une dynamique de stabilisation. En 2025, les TPE et PME à prévoir d'accroître leurs investissements en ce sens sont aussi nombreuses que celles ayant anticipé de les réduire.

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